Ma croisière dans la Baie d’Halong en jonque traditionnelle

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Une croisière dans la Baie d’Halong figure sur toutes les listes de voyage au Vietnam. La mienne comprise. J’en rêvais depuis des années. Alors oui, il faut composer avec la foule. Beaucoup de monde, autant le dire tout de suite. Mais ce décor compte parmi les sept merveilles naturelles du monde. Et croyez-moi, il les vaut.

Avec Fred, nous avons choisi la formule classique. Deux jours et une nuit à bord d’une jonque traditionnelle, au départ de Hanoï. J’en suis revenue avec des images plein la tête. Et quelques leçons apprises à mes dépens.

Dans cet article, je vous explique ce qu’est vraiment cette baie mythique. Puis comment y aller, quelle croisière choisir, quel budget prévoir. Et je vous raconte mon séjour à bord, sans filtre.

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Croisière Baie d’Halong entre les pitons karstiques au lever du jour

La Baie d’Halong, c’est quoi au juste

Commençons par la base. La Baie d’Halong se trouve dans le golfe du Tonkin, au nord-est du Vietnam. Imaginez près de 1 600 îles et îlots calcaires qui jaillissent d’une mer émeraude. Des pitons couverts de jungle, des grottes cachées, des villages flottants. Le tout sur environ 1 500 kilomètres carrés.

Le site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994. En 2012, la baie a aussi rejoint le club très fermé des nouvelles merveilles naturelles du monde. Rien que ça.

Son nom signifie « descente du dragon ». La légende raconte qu’un dragon envoyé par les dieux aurait creusé la baie avec sa queue. Les îlots seraient les joyaux crachés pour protéger le pays des envahisseurs. J’adore cette histoire. Elle colle parfaitement au décor, presque irréel par temps de brume.

Rejoindre la Baie d’Halong depuis Hanoï

La baie se situe à environ 160 kilomètres de la capitale. À l’époque de mon voyage, il fallait quatre heures sur une route en travaux permanents. Notre chauffeur conduisait comme un fou, Fred comptait les affiches de propagande pour penser à autre chose. Bonne nouvelle pour vous. Une autoroute relie Hanoï à Ha Long depuis fin 2018. Comptez désormais deux heures à deux heures trente de trajet.

Plusieurs options s’offrent à vous. La navette partagée, souvent incluse dans le prix de la croisière, reste la solution la plus économique. Le transfert privé apporte un vrai confort si vous voyagez à deux. Les bus limousine modernes constituent un bon compromis. Et pour les pressées, un hydravion relie même Hanoï à la baie en moins d’une heure. Vue plongeante sur les pitons garantie.

Petit rituel du trajet, l’arrêt au magasin attrape-touristes. Tout y coûte cinq fois plus cher qu’à Hanoï. J’ai souri, j’ai regardé, je n’ai rien acheté. Profitez-en surtout pour vous dégourdir les jambes.

Avant le départ, prévoyez quelques jours dans la capitale. Je vous ai préparé mes adresses et quartiers préférés de Hanoï. Pensez aussi aux formalités d’entrée au Vietnam bien en amont. Ça évite les sueurs froides à l’aéroport.

Quelle croisière choisir dans la Baie d’Halong

Une journée, deux jours ou trois jours

Trois formats dominent le marché. L’excursion à la journée dépanne les voyageuses pressées. Honnêtement, elle reste superficielle. On passe plus de temps sur la route que sur l’eau. La croisière de deux jours et une nuit constitue le choix classique. Nuit à bord, grottes, kayak, villages flottants. C’est celle que j’ai testée.

Le format trois jours et deux nuits promet plus d’immersion. Sur le papier du moins. Dans les faits, on répète souvent les mêmes activités, entourée d’une armada de jonques. Sauf si le bateau pousse vers la baie de Bai Tu Long, voisine et bien plus confidentielle. Là, ça devient intéressant.

Parmi les opérateurs proposant des excursions à la journée, on trouve CharmingVietnamTravel, Go Asia Travel et Vietnam Travel Package. Pour les croisières de deux jours et une nuit, citons Go Asia Travel, Asian Fun Adventures, Phoenix Tour, Vietnam Tour, Ha Long & Bai Tu Long Cruises et CharmingVietnamTravel. Sur trois jours et deux nuits, Phoenix Cruise et Ha Long & Bai Tu Long Cruise tiennent la corde.

Le budget qui évite les déceptions

Une règle s’impose vite ici. Le low-cost a ses limites, et elles arrivent rapidement. Certaines embarcations affichent un entretien franchement discutable. Cabines fatiguées, équipements sommaires, parfois pire. Mon conseil, assumé. Prévoyez au moins 100 euros par personne et par nuit, hors boissons. La baie n’est pas une destination pour budget ultra serré. Autant le savoir avant de réserver.

Type de croisièrePrix indicatif par personne
Excursion à la journée30 à 60 euros
Croisière 2 jours 1 nuit100 à 250 euros
Croisière 3 jours 2 nuits250 à 500 euros et plus
Tarifs constatés hors boissons, transfert parfois inclus

Ajoutez le transfert depuis Hanoï s’il n’est pas compris, entre 15 et 40 euros. Les boissons à bord coûtent nettement plus cher qu’en ville. Et prévoyez un pourboire pour l’équipage, toujours apprécié.

Mon récit de deux jours à bord d’une jonque

L’embarquement, épreuve de patience

À peine arrivés au port, le ton est donné. Une terrasse de café bondée, une foule compacte. Cette impression d’être un peu trop nombreux à attendre la même chose. Une heure à patienter, serrés avec les autres passagers de notre compagnie. On nous l’avait glissé à demi-mot. Sur une croisière de deux jours, le temps réel à bord frôle à peine les 24 heures. Le genre de détail qui pique.

Vers 12h30, enfin, l’embarquement. Première surprise, toutes les jonques sont blanches. Oubliez les silhouettes de bois sombre aux voiles déployées des cartes postales. Depuis la consécration de la baie parmi les merveilles naturelles, une uniformisation s’est imposée. Bateaux repeints, moteurs modernisés, ponts élargis. Le charme d’antan s’efface un peu. Question de point de vue, moi ça m’a pincé le cœur.

Un mot sur la sécurité, sujet sensible depuis les naufrages du début des années 2010. Les choses ont sérieusement évolué. Gilets de sauvetage partout, consignes strictes lors des transferts. Restez vigilante quand même. Un co-voyageur a laissé filer son appareil photo entre la jonque et la navette. Quelques centimètres d’eau, fin brutale de ses souvenirs. J’y pense encore.

La vie à bord, éloge de la lenteur

Une vingtaine de passagers partageaient notre jonque. Quelques Russes, des Allemands, une majorité de francophones. Un couple de Québécois adorables s’est installé à notre table. Très vite, les discussions ont dérivé vers les voyages, les bonnes adresses, les souvenirs. Ces rencontres-là redessinent un voyage. Les repas prennent une autre dimension, les soirées s’étirent. Et la baie semble soudain moins encombrée.

Côté assiette, une cuisine vietnamienne simple et fraîche. Fruits de mer à peine sortis de l’eau, poissons grillés, crevettes parfumées. Rien de démonstratif, mais une vraie générosité. Entre deux repas, le regard glisse d’un îlot karstique à l’autre. Le temps ralentit. C’est précisément ce qu’on vient chercher ici.

Notre cabine, refuge flottant

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Cabine avec vue sur la Baie d’Halong à bord d’une jonque traditionnelle

Notre cabine ressemblait à un refuge. Assez spacieuse pour oublier le bateau, avec un lit double moelleux qui appelait la sieste. À travers les grandes fenêtres, la baie s’invitait sans filtre. Eau émeraude, reliefs brumeux, silence presque total. Un luxe simple, redoutablement efficace.

La salle de bain privée faisait largement le job. Douche chaude, rangements suffisants pour ne pas vivre dans une valise ouverte. Et ce détail qui change tout, une fenêtre ouvrante pour écouter le clapotis de l’eau. Du bois chaleureux, quelques touches de décoration locale sans tomber dans le cliché. Sur les jonques plus haut de gamme, ajoutez balcon privé et baies vitrées. Vue directe depuis le lit. Je note pour la prochaine fois.

Les visites incontournables de la baie

Huang Sung Sot, la grotte des surprises

Première vraie escale, la grotte de Hang Sung Sot. Son surnom de « grotte des surprises » sent le marketing touristique. Jusqu’à ce qu’on mette un pied à l’intérieur. Stalactites, stalagmites, volumes inattendus. L’imagination s’emballe vite. Certains y voient des animaux, d’autres des silhouettes humaines. Jeu silencieux entre la roche et le regard.

La visite traverse trois salles, chacune plus vaste que la précédente. La dernière impressionne par ses dimensions théâtrales. Un détail m’a intriguée, ces formations arrondies et creuses au plafond. Elles datent de l’époque où la grotte se trouvait sous le niveau de la mer, sculptée par les marées. Comptez quelques centaines de marches pour l’ensemble du parcours. Mes mollets se souvenaient encore de Ninh Binh. Ça passe, avec des pauses.

Dao Ti Top et son panorama

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Excursion en kayak dans la Baie d’Halong près des villages flottants

Deuxième arrêt, l’île de Dao Ti Top. Une plage aménagée, surtout un promontoire qui surplombe toute la baie. Sur le papier, ça vend du rêve. En réalité, il faut le mériter. Environ 400 marches, et elles piquent davantage que les précédentes. Au sommet, la vue rattrape tout. Une mer d’émeraude, des îlots à perte de vue. Et cette sensation d’être minuscule face au décor. Partagée, certes, avec quelques centaines d’autres visiteurs. L’illusion du bout du monde en prend un coup. Le spectacle suffit quand même.

Huang Luôn et ses singes chapardeurs

Mon moment préféré est arrivé le deuxième matin. Hang Luôn, une grotte ouverte sur un lac fermé, presque caché. Ici, pas de moteurs. Juste l’eau, la roche, et quelques singes qui observent les visiteurs. En hiver, ils descendent des hauteurs, faute de nourriture. Certains s’approchent en espérant grappiller une banane. Scène drôle et un peu surréaliste. Moins de monde, plus d’espace. L’impression, enfin, d’être vraiment ailleurs.

Ajoutez à cela les villages flottants croisés en chemin. Des maisons colorées posées sur l’eau, reliées comme un puzzle mouvant. Pêche, déplacements, quotidien, tout se passe sur l’eau depuis des générations. Une autre temporalité, presque déroutante. Et la nuit, le ballet des pêcheurs de calamars. Leurs embarcations éclairées comme en plein jour attirent les animaux à la surface. Hypnotisant.

Meilleure saison et derniers conseils pratiques

La baie se visite toute l’année. La période d’octobre à avril offre un temps sec et des températures agréables. De mai à septembre, chaleur et humidité dominent, avec un risque de typhons. Les prix baissent en contrepartie. J’y étais en janvier. Brume matinale, lumière douce, rizières vides sur la route. Une ambiance de peinture chinoise que les photographes adorent. Prévoyez une petite laine pour les soirées.

Trois réflexes pour un séjour serein. Emportez une trousse de premiers soins. Suivez les consignes des guides pendant les excursions. Et fuyez les croisières bradées, le confort est aussi une question de sécurité. Pour préparer le reste du séjour, l’office national du tourisme du Vietnam reste une source fiable et à jour.

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Jonques blanches naviguant dans la Baie d’Halong au Vietnam

Au réveil du deuxième jour, j’ai vécu ce moment suspendu. Oublier où l’on est pendant quelques secondes. Puis ouvrir les yeux sur la baie. L’un de ces réveils qui remettent les choses à leur place. Le brunch de 10h a sonné la fin, presque trop ponctuel pour être honnête. La Baie d’Halong n’est pas parfaite. Pas toujours paisible, parfois trop fréquentée. Mais impossible à oublier. Si vous poursuivez vers le nord, piochez dans mon itinéraire complet de deux semaines au nord du Vietnam.

Le mot de la pro du voyage

La Baie d’Halong m’a appris une chose. Le sublime supporte mal les économies de bout de chandelle. Mettez le budget dans la jonque, pas dans les souvenirs du magasin attrape-touristes. Et réservez la cabine avec fenêtre ouvrante. Le clapotis de l’eau au réveil vaut tous les spas du monde.

Dans le Club Jet-Lag, je partage ma sélection des jonques testées et approuvées, avec les cabines exactes à demander et mes astuces pour éviter la foule à Ti Top.

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