48 heures à Palm Springs, mon guide du désert version glamour

palm springs rue

Il y a des villes qui s’expliquent. Palm Springs, non.

On quitte Los Angeles par l’autoroute 10. Une heure de bitume et de palmiers identiques. Et puis d’un coup, les montagnes San Jacinto surgissent. Violettes. Verticales. Presque indécentes de beauté dans cette lumière de fin d’après-midi. Je comprends enfin pourquoi Sinatra a posé ses valises ici et n’est jamais vraiment reparti.

Palm Springs, c’est deux heures de route depuis Los Angeles. C’est aussi, selon comment on le vit, des années-lumière du reste de la Californie. Le désert de Coachella a un truc irréel. Un glamour un peu décalé. Une lenteur qui n’a rien à voir avec de la nonchalance. C’est une décision assumée.

J’y suis allée en février, la première fois. Puis en novembre. Les deux fois, j’ai eu cette impression bizarre d’avoir trouvé quelque chose que personne n’avait encore vraiment vu. Ce guide de 48 heures à Palm Springs rassemble tout ce que je referais sans hésiter.

Vue sur les montagnes San Jacinto depuis Palm Springs au coucher du soleil
Vue sur les montagnes San Jacinto depuis Palm Springs au coucher du soleil

Pourquoi Palm Springs plutôt qu’une autre ville californienne

Bonne question, je me la suis posée aussi. La Californie est immense. San Francisco est indispensable. Los Angeles est inévitable. Mais Palm Springs reste le seul endroit où j’ai eu envie de ne rien faire sans culpabiliser. C’est une ville faite pour décompresser vraiment. Pas pour cocher des cases sur une liste.

Il faut connaître l’histoire pour comprendre l’ambiance. Dans les années 1920, les contrats hollywoodiens obligeaient les acteurs à rester à moins de deux heures des studios. Palm Springs se trouvait à exactement deux heures. Toute la jet-set de l’époque s’y est donc réfugiée. Marilyn Monroe, Elvis, Sinatra, Dean Martin. Ils ont fait bâtir des maisons par des architectes jeunes et ambitieux. Ces maisons sont toujours debout aujourd’hui.

Le desert modernism, pourquoi ça fascine encore

Le Desert Modernism, c’est une version du style mid-century pensée pour le climat désertique. Toits plats ou en ailes de papillon. Baies vitrées immenses qui font disparaître la frontière entre intérieur et paysage. Lignes horizontales qui répondent à la ligne des montagnes. Aucun ornement superflu. Juste la lumière, l’espace, et le désert qui s’invite partout.

Des architectes comme William F. Cody, Richard Neutra ou Albert Frey ont inventé un langage qui n’existe nulle part ailleurs avec cette cohérence. Palm Springs conserve aujourd’hui une des plus grandes collections de maisons mid-century préservées au monde. Rien que pour ça, franchement, le voyage vaut le coup.

Quand partir à Palm Springs

Pas en été. Je suis sérieuse. Les températures grimpent régulièrement à 45°C en juillet et août. La ville se vide. Les piscines chauffent comme des bains. Même les habitants disparaissent. C’est beau, oui. Mais beau comme un sauna.

La bonne saison court d’octobre à avril. Journées entre 20 et 28°C. Nuits fraîches, jamais froides. En février se tient la Semaine du modernisme à Palm Springs. Onze jours de festivals, visites privées de maisons, fêtes en tenue rétro. La meilleure excuse pour venir. Et même sans elle, la meilleure période tout court.

Novembre reste largement sous-estimé. Pas de foule. Lumière dorée du matin au soir. Les nuits tombent tôt et les feux de cheminée des hôtels prennent enfin tout leur sens.

Où dormir à Palm Springs, trois adresses sans compromis

Dormir à Palm Springs, c’est déjà une expérience en soi. La plupart des hôtels intéressants occupent des propriétés des années 1940-1960 restaurées. Pas des reconstructions. Les originaux. Ça change tout. Les proportions, la lumière dans les pièces, cette sensation étrange que quelqu’un d’important a dormi là avant vous.

Del Marcos Hotel, pour les puristes

C’est la toute première commission indépendante de William F. Cody, en 1947. Réservé aux adultes. Piscine d’eau salée. Chambres baptisées Eames Poolside ou Oceans 11, allez savoir pourquoi ça me fait sourire à chaque fois. Murs blancs, mobilier mid-mod, quelques touches de couleur posées comme des respirations. Happy hour offert de 16h à 17h. Vélos disponibles. Le Palm Springs Art Museum à un bloc de marche.

C’est l’adresse la plus fidèle à ce que Palm Springs est vraiment. À partir de 204 livres la nuit. Adresse, 225 West Baristo Road.

Thompson Palm Springs, pour celles qui veulent être au centre

Ouvert fin 2024. En plein downtown, à deux pas des boutiques vintage et des meilleurs restaurants. Bâtiments blancs et modernes, accents mid-century bien dosés, jamais surjoués. Piscine, bars et restaurant Lola Rose Grand Mezze installés au deuxième niveau, vue dégagée sur les montagnes. Pas donné du tout. Mais parfait si vous voulez tout faire à pied, sans jamais reprendre la voiture. À partir de 442 livres la nuit.

Sands Hotel & Spa, un Maroc planté dans le désert

Celui-là, je ne l’avais pas vu venir. Il se trouve à Indian Wells, dix minutes de Palm Springs. Un immeuble des années 1950 rénové par le designer britannique Martyn Lawrence Bullard. Carrelages exotiques, murs stuc rose poudré, cactus partout, cabanas zébrées noir et blanc autour de la piscine. Le staff en uniforme circule entre les transats avec des serviettes et des menus. Spa niché dans l’oliveraie, soins au hammam marocain. Adults-only, encore. À partir de 379 dollars la nuit en basse saison.

verre palm springs
Cocktail en terrasse

Faire ses valises pour le désert

Le désert joue sur deux tableaux. Chaleur sèche en journée, fraîcheur nette dès le coucher du soleil. J’ai appris à mes dépens qu’un simple châle ne suffit pas en soirée hors saison estivale.

Une robe légère et fluide pour la journée. Un pantalon large en lin qui respire, même en pleine chaleur. Une veste plus chaude pour le soir, la piscine se vide vite passé 19h. Des lunettes de soleil qui tiennent vraiment la route, la lumière ici ne pardonne rien. Et des sandales solides, le sol autour des Indian Canyons n’a rien de mou.

Je détaille tout ça, par saison et par type de séjour, dans ma rubrique dédiée à la valise pour le désert.

Que faire en 48 heures à Palm Springs

La ville est petite. C’est un avantage, pas une limite. Tout se fait à pied depuis le centre, ou en voiture pour les sites plus éloignés. Pas besoin d’un itinéraire millimétré. Mieux vaut choisir deux ou trois choses bien plutôt que courir après dix.

Jour 1, matin, marcher comme si on ne cherchait rien

On commence par Palm Canyon Drive, l’artère principale. Les boutiques vintage ouvrent vers 10h. Les maisons alentour méritent qu’on s’arrête, sans guide, juste les yeux. Toits en aile de papillon, piliers en acier, jardins de cactus disposés comme des sculptures. La lumière du matin sur la pierre désertique a quelque chose de franchement spectaculaire.

Le Palm Springs Art Museum se trouve à l’angle de Palm Canyon Drive et Museum Drive. Belle collection d’art contemporain, section architecture soignée. Ce n’est pas le Louvre. Mais c’est bien fait et jamais bondé. Comptez une heure, une heure et demie.

Jour 1, après-midi, Indian Canyons ou Sunnylands

Les Indian Canyons se trouvent à vingt minutes de voiture du centre. Trois failles dans la montagne, Andreas, Murray, Palm Canyon. Des palmiers qui poussent là depuis des siècles, dans la roche nue, sans irrigation ni intervention humaine. La tribu Agua Caliente gère l’accès. Environ 12 dollars l’entrée. J’avais prévu une heure sur place. J’en ai fait deux et demie.

Autre option, Sunnylands. Un domaine de 200 acres conçu par A. Quincy Jones pour la famille Annenberg en 1966. Sept présidents américains y ont séjourné. Sinatra y a épousé sa quatrième femme, drôle de détail qui résume assez bien l’endroit. Jardins gratuits. Maison principale sur réservation. C’est l’un de ces lieux où on comprend enfin ce que discret veut vraiment dire.

Jour 2, le tramway aérien de Palm Springs

Ce truc existe depuis 1963. La cabine rotative à 360 degrés grimpe 4 kilomètres le long des falaises de Chino Canyon, de 800 mètres à 2595 mètres d’altitude. Dix minutes de trajet. Dix minutes pour passer du désert à la forêt de pins, et même aux premières neiges de San Jacinto en hiver. Une sensation assez absurde, sincèrement.

En haut, des sentiers de randonnée, un restaurant, une terrasse panoramique sur toute la vallée de Coachella. Comptez environ 37 dollars l’aller-retour. Premier départ à 10h en semaine. Réservation conseillée en saison.

Mon conseil concret, y aller tôt le matin du deuxième jour. La lumière sur la vallée vers 10h30, depuis là-haut, reste la plus belle chose que j’ai vue en Californie. Et je dis ça après Big Sur.

Tour d’architecture, se faire accompagner ou pas

Pendant la Modernism Week, des dizaines de maisons privées ouvrent leurs portes au public. Tours en bus à impériale, visites guidées à pied, visites de maisons individuelles. La maison d’Elvis, la Twin Palms de Sinatra, la 432 Hermosa qui appartient à Leonardo DiCaprio. Le reste de l’année, un tour auto-guidé bien conçu suffit largement pour couvrir les quartiers à son rythme.

Shopping vintage, l’autre folie de Palm Springs

Peu de villes concentrent autant de vintage sérieux au mètre carré. Palm Canyon Drive regorge de boutiques de meubles, luminaires et bijoux des années 1950 à 1970. Certaines pièces valent plus cher qu’un billet d’avion, d’autres se négocient pour trois fois rien.

J’ai croisé une lampe Sputnik parfaite, jamais restaurée, vendue à un prix presque honteux. Les vendeurs connaissent leur affaire par cœur, ils racontent l’histoire de chaque pièce sans qu’on demande rien. Comptez une bonne matinée si vous aimez vraiment fouiller. Un après-midi si vous voulez juste flâner et repartir avec un souvenir photogénique.

Où manger et boire à Palm Springs

La scène food de Palm Springs s’est sérieusement transformée en dix ans. Ce n’est plus seulement des burgers et des margaritas. Même si les burgers restent excellents et les margaritas, disons, nécessaires.

Norma’s au Parker Palm Springs, le brunch qui justifie le voyage

Sous un auvent tangerine rétractable, dans le plus grand hôtel de la ville. Brunch servi toute la journée. French toast à la brioche aux baies, lobster mac and cheese, tout ce qu’on ne mange jamais chez soi. J’ai découvert Norma’s dans mon article dédié au Parker Palm Springs, un hôtel excessif dans ses proportions mais totalement assumé. Personne ne juge si vous commandez un bloody mary à 11h du matin. Adresse, 4200 East Palm Canyon Drive.

The Barn Kitchen au Sparrows Lodge

Tables en bois communautaires, bougies le soir, ingrédients californiens locaux. Cauliflower bisque, salade quinoa-tabbouleh, carrot cavatelli. L’adresse pour manger bien sans esbroufe. Le Sparrows Lodge compte parmi les plus beaux hôtels de Palm Springs, rustique, réservé aux adultes, posé dans le sud de la ville. Même sans y dormir, y dîner vaut largement le déplacement. Adresse, 1330 East Palm Canyon Drive.

Les soirées cocktail, surtout pendant la Modernism Week

Pendant la Modernism Week, plusieurs propriétés privées organisent des soirées cocktail en tenue rétro. La Twin Palms Estate de Sinatra. Le VIBE House dans les Deepwell Estates, son bar incurvé, ses tequila sunrises servis sans compter. En dehors du festival, le bar Counter Reformation au Parker Palm Springs mérite le détour. Vingt places, des vins nature bien choisis, un confessionnal antique planté au fond de la salle. Personne n’a jamais dit que Palm Springs manquait de second degré.

Palm Springs et Joshua Tree, les combiner

Le road trip dans le parc de Joshua Tree se prépare à 45 minutes de Palm Springs. Deux déserts différents se rejoignent ici, le Mojave et le Colorado. Végétation lunaire. Rochers qui semblent posés à la main, un par un. Une demi-journée depuis Palm Springs suffit. Ou bien prévoyez une nuit sur place, pour combiner les deux dans un vrai road trip californien, en piochant aussi dans les grands parcs nationaux américains si le temps le permet.

Depuis Los Angeles pour un week-end, la logique tient en trois temps. Arrivée à Palm Springs le vendredi soir. Journée architecture et hôtel le samedi. Demi-journée Joshua Tree le dimanche matin avant de reprendre l’autoroute. Ça rentre dans 48 heures, si on reste efficace. Ce qui, à Palm Springs, va un peu à l’encontre de l’esprit du lieu. Mais bon.

"Rue de Palm Springs bordée de maisons desert modernism
« Rue de Palm Springs bordée de maisons desert modernism

Infos pratiques pour préparer votre séjour à Palm Springs

Comment y aller. Depuis Los Angeles, comptez deux heures de voiture sur l’I-10 Est, la solution la plus logique. Palm Springs dispose de son propre aéroport, avec des vols directs depuis San Francisco, Seattle ou Denver. Depuis Paris, prévoyez une escale. Le vol Paris-Los Angeles dure environ 11 heures.

L’ESTA est obligatoire pour entrer aux États-Unis sans visa, pour les ressortissants français. À remplir en ligne avant le départ, uniquement sur le site officiel du gouvernement américain. Coût, 21 dollars. Validité, deux ans. Ne procrastinez pas là-dessus.

Une voiture reste indispensable pour les Indian Canyons, Sunnylands et Joshua Tree. Le centre-ville se fait très bien à pied, mais dès qu’on en sort, il faut rouler. Location possible à l’aéroport de Palm Springs ou à LAX. Si l’envie de prolonger le voyage se fait sentir, prolonger le séjour à Las Vegas se fait en trois heures de route, ou visiter San Francisco pour un contraste total avec le désert.

Budget indicatif. Hôtel mid-range, entre 200 et 400 dollars la nuit. Hôtel boutique premium, entre 400 et 700 dollars. Brunch chez Norma’s, entre 40 et 80 dollars par personne. Tramway aérien, 37 dollars l’aller-retour. Indian Canyons, 12 dollars. Le reste dépend surtout de vos cocktails.

FAQ, les questions qu’on se pose avant de partir à Palm Springs

Palm Springs, c’est bien pour un week-end de 2 jours ?

Oui, c’est même le format idéal. La ville est petite, dense en expériences. 48 heures suffisent pour couvrir l’essentiel sans jamais se précipiter.

Palm Springs est-elle adaptée à un voyage solo féminin ?

Très largement. La ville est sûre. Les hôtels adults-only sont nombreux. Et la culture locale, détendue, esthète, se montre particulièrement accueillante pour une femme qui voyage seule.

Quelle est la meilleure période pour visiter Palm Springs ?

De novembre à mars. Février pour la Modernism Week. Novembre pour éviter les foules et profiter de la lumière basse.

Peut-on visiter Palm Springs sans voiture ?

Le centre-ville se fait très bien à pied. Mais pour les Indian Canyons, Sunnylands et Joshua Tree, la voiture reste nécessaire. Des services de location de vélos existent aussi pour explorer l’architecture downtown.

Palm Springs vaut-elle le détour si on est déjà allé à Los Angeles ?

C’est la question que tout le monde pose avant d’y aller. Oui, sans hésiter. Ce sont deux expériences sans rapport. Los Angeles est une métropole. Palm Springs est une pause. Ce n’est pas le même voyage du tout.

Le mot de la pro du voyage

La première fois que j’ai vu une maison signée William F. Cody de près, j’ai eu envie de m’asseoir sur les marches et de ne plus bouger. Il y a quelque chose dans ces proportions, cette façon d’ouvrir les murs sur le désert, qui redonne de l’espace dans la tête. Palm Springs m’a appris que le luxe n’est pas toujours vertical. Parfois c’est un toit plat, une piscine à 28°C et le silence des montagnes San Jacinto au lever du soleil.

Dans Le Club, j’ai compilé mes adresses préférées à Palm Springs. Les hôtels que je recommande vraiment, les maisons privées à visiter pendant la Modernism Week, et un itinéraire 48h calibré pour ne rien rater.

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Commentaires

Une réponse à « 48 heures à Palm Springs, mon guide du désert version glamour »

  1. […] à 20 minutes de l’aéroport de Palm Springs, Two Bunch Palms est un monde à part. Dans le désert, sous un ciel sans nuage et avec les […]

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