visiter Valparaiso, l’étape au Chili

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Visiter Valparaíso, c’est accepter de monter, de descendre, et de remonter encore. La ville s’étale sur une quarantaine de collines — les cerros — accrochées au-dessus du port, et rien n’y est plat. C’est notre première vraie étape sur la côte après Santiago, avant de filer vers le sud et les plages de sable noir.

Valparaíso, l’étape colorée du road trip au Chili

On arrive de Santiago par l’autoroute, un peu plus de cent kilomètres, et le contraste est brutal. On quitte une capitale grise et ordonnée pour débarquer dans un port qui part dans tous les sens. Des maisons en tôle peinte empilées les unes sur les autres, du rose à côté du turquoise à côté du jaune, des escaliers partout, du linge qui sèche aux fenêtres. Le quartier historique est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2003, et on comprend vite pourquoi.

Un conseil tout de suite : garez la voiture et oubliez-la. Les rues des cerros sont étroites, en pente, souvent à sens unique, et se croiser relève du numéro d’équilibriste. Tout se fait à pied ici, quitte à souffrir un peu des mollets.

Maisons colorées empilées à flanc de cerro à Valparaíso, Chili
Maisons colorées empilées à flanc de cerro à Valparaíso, Chili

Les cerros Alegre et Concepción, le cœur de la visite

Si vous ne deviez voir que deux collines, ce sont celles-là. Les cerros Alegre et Concepción se touchent, et c’est là que se concentrent les ruelles pavées, les cafés, les maisons d’hôtes et l’essentiel des fresques. C’est aussi la partie la plus touristique de Valparaíso — assumons-le — mais elle mérite vraiment qu’on y traîne.

Le plus agréable, c’est de suivre les paseos, ces promenades en balcon qui longent le bord de la colline : le paseo Gervasoni, le paseo Yugoslavo, le paseo Atkinson. À chaque fois, la même claque — la baie en contrebas, les cargos à quai, et cet entassement de toits colorés qui dégringole jusqu’à l’eau. Allez-y en fin de journée, quand la lumière passe au doré sur les façades.

Honnêtement, le meilleur plan à Valparaíso, c’est de ne pas avoir de plan. On tourne, on tombe sur un escalier peint, on pousse une porte, on remonte une ruelle. Prévoyez une bonne demi-journée rien que pour ça.

Les ascensores, patrimoine en équilibre

Ce sont eux, la signature de la ville. Les ascensores sont des funiculaires en bois qui relient le bas de la ville aux cerros, certains en service depuis la fin du XIXe siècle. Ils grimpent à la verticale, ça grince, ça tremble un peu, et la traversée dure à peine plus d’une minute. C’est une attraction autant qu’un vrai transport pour les habitants.

La ville en comptait une trentaine à son âge d’or ; il en reste beaucoup moins, et tous ne fonctionnent pas en même temps — les restaurations s’enchaînent au fil des années. Ne bâtissez donc pas votre journée autour d’un ascenseur précis : vérifiez sur place lequel tourne. Les plus connus restent ceux qui desservent les cerros Alegre et Concepción, ainsi que l’Artillería, côté cerro Playa Ancha, qui offre une des plus belles vues sur le port.

Le trajet coûte quelques centaines de pesos, autant dire trois fois rien. Prévoyez de la monnaie, la carte bancaire n’a pas cours dans la cabine.

Le street art de Valparaíso

On ne visite pas Valparaíso pour ses musées, on la visite pour ses murs. La ville est une galerie à ciel ouvert : fresques monumentales sur des pignons entiers, escaliers transformés en dégradés de couleurs, portes de garage signées, pochoirs politiques. Ça va de l’œuvre commandée et référencée au tag brut, et les deux cohabitent sans hiérarchie.

Les concentrations les plus denses sont sur Alegre et Concepción, mais aussi du côté du cerro Bellavista, où le Museo a Cielo Abierto aligne des murales le long d’un parcours balisé. Si vous aimez la photo, vous allez y passer des heures.

Fresque murale aux tons orangés autour d'une porte, street art de Valparaíso
Fresque murale aux tons orangés autour d’une porte, street art de Valparaíso

La Sebastiana, la maison de Pablo Neruda

Sur le cerro Florida, La Sebastiana est l’une des trois maisons du poète Pablo Neruda transformées en musée. Elle est bourrée d’objets hétéroclites rapportés de ses voyages, et surtout, elle est perchée : la vue sur la baie depuis les étages vaut à elle seule le déplacement. La visite se fait avec un audioguide, comptez une heure.

Attention, la maison est fermée un jour par semaine et les horaires changent selon la saison. Vérifiez avant de faire la montée — parce que ça monte.

Descendre vers le port et Plaza Sotomayor

En bas, l’ambiance change complètement. Le plan, comme on appelle la partie plate de la ville, est une vraie ville de port : administrations, trolleybus d’époque qui roulent encore, marins, commerces. La Plaza Sotomayor et son monument aux héros d’Iquique forment le point de rendez-vous, face aux bâtiments de la marine.

On peut faire un tour de bateau dans la baie depuis le môle Prat, une demi-heure environ, pour voir les cargos, les lions de mer et la ville depuis l’eau. C’est touristique mais la perspective est chouette. Négociez, les rabatteurs annoncent rarement le prix du premier coup.

Viña del Mar, à côté mais à l’opposé

À une dizaine de kilomètres, Viña del Mar est la voisine balnéaire de Valparaíso, et tout les oppose. Là où Valpo est bordélique et cabossée, Viña est propre, moderne, avec des immeubles en front de mer, des plages et des pelouses taillées. Beaucoup de Chiliens y passent leurs vacances.

Très sincèrement, si vous n’avez qu’une journée, restez à Valparaíso. Mais si vous avez le temps, l’aller-retour se fait facilement et le contraste entre les deux villes est assez parlant sur le Chili en général.

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Un escalier recouvert de dizaines de visages dessinés en noir et blanc, un chat et une figure ailée sur les marches hautes

Infos pratiques pour visiter Valparaíso

Combien de temps rester

  • Une journée : cerros Alegre et Concepción, un ascensor, les paseos. C’est court mais faisable.
  • Deux jours : le bon rythme. On ajoute La Sebastiana, le port et le cerro Bellavista sans courir.
  • Trois jours : si vous voulez pousser jusqu’à Viña del Mar ou Isla Negra.

Se déplacer

  • Tout se fait à pied dans les cerros. Prévoyez de bonnes chaussures, les pavés sont glissants par temps humide.
  • Les ascensores vous évitent les pires montées. Monnaie obligatoire.
  • Le métro régional (Merval) relie Valparaíso à Viña del Mar en une vingtaine de minutes.
  • En voiture : laissez-la au parking de votre logement. Circuler dans les cerros est une corvée.

Sécurité

Valparaíso a mauvaise réputation, et il faut être lucide sans être parano. Les cerros touristiques sont tranquilles en journée. En revanche, évitez de sortir l’appareil photo autour du Barrio Puerto et de la Plaza Echaurren, et ne traînez pas dans les escaliers isolés à la nuit tombée. Le vol à l’arraché est le vrai risque, pas plus.

Où dormir

Dormez sur le cerro Alegre ou le cerro Concepción : vous êtes au milieu de ce que vous êtes venus voir, et vous rentrez à pied le soir. Les maisons d’hôtes installées dans des demeures anciennes y sont nombreuses. [À COMPLÉTER : le nom de l’endroit où vous avez dormi et votre avis dessus.]

Où manger

[À COMPLÉTER : votre adresse, et ce que vous y avez mangé.] De manière générale, les terrasses des cerros sont agréables mais les prix y sont gonflés ; on mange mieux et moins cher en redescendant vers le plan.

Questions fréquentes sur Valparaíso

Valparaíso vaut-elle le détour depuis Santiago ?

Oui, sans hésiter. Un peu plus de cent kilomètres séparent les deux villes, et l’atmosphère n’a rien à voir. C’est l’excursion la plus évidente au départ de la capitale, et elle se fait même à la journée si vous êtes pressés.

Valparaíso est-elle dangereuse ?

Pas dans les quartiers touristiques en journée. Les précautions sont celles de n’importe quelle grande ville portuaire : discrétion avec le matériel photo, vigilance dans le bas de la ville, et on évite les ruelles désertes la nuit.

Vaut-il mieux dormir à Valparaíso ou à Viña del Mar ?

À Valparaíso, et plus précisément sur les cerros Alegre ou Concepción. Viña del Mar est plus confortable et plus moderne, mais vous passeriez à côté de ce qui fait tout l’intérêt du coin : les ruelles, les fresques et les vues sur le port.

La suite du voyage

Après Valparaíso, on quitte la côte urbaine pour descendre vers le sud : cap sur les plages de sable noir et la région du Maule, en direction de Pucón par la côte.

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