Je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de ce départ. Pourtant, j’ai adoré ces trois semaines de Tokyo à Kyoto. Ce voyage au Japon vous plonge dans une ambiance à part. Les sens en éveil, vous n’avez d’autre choix que de vous faire confiance. La langue est un vrai mur, sauf avec un traducteur de poche. Résultat, chaque petit geste du quotidien devient une aventure dépaysante.

Atterrir à Tokyo sans rien comprendre
Dès le départ, vous savez que vous courez vers l’inconnu total. Un long vol vous déconnecte et donne le tempo du voyage. Nous atterrissons à Tokyo de nuit, complètement épuisés par le trajet [À VÉRIFIER]. Les formalités passées, nous mettons enfin le pied au pays du soleil levant.
La signalétique de l’aéroport ressemble à des hiéroglyphes, et nous renonçons vite à la déchiffrer. Même les traductions anglaises m’échappent tellement je suis crevée. Je n’ai qu’une hâte, me coucher et récupérer.

Peu sûrs de nous, nous tentons de lire les horaires des trains. Un passant s’amuse de notre look de touristes perdus. Il s’approche, s’incline, puis nous explique le trajet dans un anglais approximatif. Nous le remercions comme nous pouvons, et il s’incline encore. C’est un peu gênant et très touchant à la fois.

Dans le train, ne cherchez pas à tout comprendre. Tout est écrit en japonais, et c’est une perte d’énergie. Fiez-vous à votre boussole, à votre GPS et aux gens. Ne me demandez pas comment nous avons trouvé la bonne station de métro.
J’ai aussi écrit sur les vêtements traditionnels portés au Japon.

Un hôtel où l’on vous accueille en s’inclinant
Notre hôtel s’appelle Villa Fontaine, un trois étoiles très classique. Il se trouve à trois minutes à pied de la station, selon notre GPS. L’entrée ressemble à celle d’un simple immeuble avec un ascenseur. Hésitants et fatigués, nous nous glissons quand même dans l’ascenseur.
Les portes s’ouvrent sur un accueil où trois Japonais nous sourient. Commence alors un ballet d’inclinaisons qui ne s’arrête plus. Nous voulions seulement nos clés et un lit. Eux continuaient de s’incliner devant nous, et c’était très drôle.
Dans la salle de bain, nous éclatons de rire devant les toilettes chauffantes. Aucun doute possible, vous êtes bien au Japon. Je ne me souviens de rien après avoir touché le lit.
Le lendemain, il est presque midi quand nous descendons déjeuner. Le service du petit-déjeuner est terminé depuis un bon moment. Sans hésiter, l’équipe fait apporter de quoi manger, en s’inclinant encore. Nous étions gênés et nous aurions refusé, si nous avions compris. Nous mangeons une omelette aux champignons noirs sans trop savoir ce que c’est.
Pour une nuit très différente, lisez mon séjour à l’Andaz Tokyo. Ou découvrez ma nuit de rêve au Mandarin Oriental de Tokyo.
Shibuya et Harajuku, le choc du premier jour
Puis nous partons à l’attaque de Shibuya, encore un peu dans le brouillard. Malgré les voitures, les gens avancent en ligne sans se toucher. Nous croisons même un homme sans abri qui balaie son trottoir avec application.

Le célèbre passage clouté serait traversé par un million de personnes par jour. Depuis le Starbucks qui le domine, le spectacle est encore plus impressionnant. Nous y étions très tôt, et c’était déjà bien rempli.


Fatigués et trempés, nous rentrons à l’hôtel avec des barquettes de sushis. Le petit magasin de quartier propose un choix incroyable. Nous avons dépensé très peu et nous étions ravis. Ces échoppes restent ouvertes de jour comme de nuit.


J’avais lu qu’il valait mieux visiter par quartier, dans leur globalité. Nous avons donc consacré une journée à Harajuku. Je vous conseille la même méthode pour ne pas courir partout.



À Tokyo, n’ayez surtout pas peur d’entrer dans les immeubles. Nous déjeunons dans un restaurant en sous-sol, plein d’étudiants. Assis à table, on nous tend une manette pour passer commande. Deux jeunes filles rient de nos têtes puis nous expliquent tout, sourire aux lèvres.



Nous commandons un peu au hasard et dix minutes plus tard, des pizzas arrivent. Elles sont servies par un serveur en patins à roulettes. Voilà le Japon, un voyage de surprises à chaque instant. Et nous n’étions là que depuis quelques heures.

La pluie nous surprend, alors nous nous posons dans un bar. Puis nous traversons l’immense parc Yoyogi jusqu’à un temple majestueux. C’est le sanctuaire Meiji-jingū, juste après l’agitation du quartier.
Pour d’autres adresses dans la capitale, lisez mon petit atlas hédoniste de Tokyo. Vous pouvez aussi parcourir mes dix expériences à vivre à Tokyo.
Comment se déplacer à Tokyo sans se perdre
Avec plus de 13 millions d’habitants, Tokyo a un réseau de transports très dense. Plusieurs compagnies gèrent les lignes de métro, et on s’y perd facilement. Choisissez votre pass selon les distances que vous ferez.
Nous avons pris la carte prépayée Suica, qui facilite vraiment la vie. Vous badgez en entrant, mais aussi en sortant du métro. Elle coûtait environ 2 000 ¥ à l’époque, dont 500 ¥ de consigne. Il suffit ensuite de la recharger selon vos trajets.
Sortir de Tokyo en shinkansen
Pour sortir de Tokyo, le train reste la meilleure option. Nous avions acheté le Japan Rail Pass en France, avec un tarif spécial [À VÉRIFIER]. Il permet de voyager autant de fois que vous voulez pendant sa durée. Comparez son prix aux billets à l’unité avant d’acheter [À VÉRIFIER].

Le shinkansen est réputé pour sa ponctualité, son confort et son efficacité. Nous avons ainsi rejoint le mont Fuji, puis Kyoto. À Kyoto, ne manquez pas le temple du Pavillon d’or. Une cérémonie du thé complète bien cette étape.
Pour un avant-goût avant de partir, visitez en France le Parc oriental de Maulévrier.
Quand partir au Japon
Partez au printemps ou à l’automne, entre mars et mai ou septembre et novembre. Au printemps, les cerisiers en fleurs offrent un spectacle blanc et rose. Elles ne durent que quelques jours et sont fêtées partout. Pour les voir sans la foule, lisez mon guide des cerisiers du Japon. Les collines en fleurs de Chichibu valent aussi le détour.
À l’automne, les feuilles rouges contrastent avec le ciel bleu. L’été, de juin à août, coïncide avec la saison des pluies chaudes. Glissez un k-way stylé dans votre valise si vous partez cette saison-là. De fin août à septembre, c’est la saison des typhons. La plupart restent dans le Pacifique et atteignent rarement les villes.
L’hiver est généralement sec, à condition d’aimer le froid. Le nord, autour de Hokkaido, se couvre de neige et attire les skieurs. Pour y dormir, découvrez l’Aman Niseko, un havre de paix au Japon. Les familles liront mon avis sur le Club Med Tomamu.
Évitez la Golden Week, du 29 avril au 5 mai. Les hôtels sont pris d’assaut et les prix explosent. Pour la météo mois par mois, consultez ce site.
Comment aller au Japon
Le Japon reçoit chaque jour de nombreux vols internationaux. Narita et Haneda desservent Tokyo, Kansai dessert Osaka et Kyoto. Haneda est plus proche du centre de Tokyo que Narita. Kansai se trouve sur une île artificielle dans la baie d’Osaka. Et New Chitose dessert Sapporo, sur l’île de Hokkaido, pour le grand nord.
Tokyo se trouve à environ 9 500 km de Paris [À VÉRIFIER]. À l’époque, nos vols avec escale à Pékin ne coûtaient que 520 € [À VÉRIFIER]. Les premiers jours, le jet-lag est réel, mais le corps s’adapte vite. Avant de réserver, lisez mes conseils pour payer moins cher votre billet d’avion.
Ma liste d’envies pour la prochaine fois
Voici ce qui reste sur ma liste pour un prochain voyage au Japon.
- Nara et ses petits daims sauvages, à quelques pas de Kyoto.
- Le mont Fuji et Hakone, sa porte d’entrée.
- Les cerisiers en fleurs, que la saison de ce séjour ne permettait pas.
- Une forêt de bambous, pour un vrai moment de silence.
- Les onsen, ces bains thermaux japonais aux sources fabuleuses.
- Hiroshima, Nagasaki et Okinawa, pour aller plus loin.
Les formalités pour entrer au Japon
Vérifiez toujours les règles d’entrée avant de partir. Elles changent selon votre nationalité et évoluent régulièrement. Contactez votre ambassade ou le consulat du Japon le plus proche.
- Prévoyez un passeport valide pendant tout votre séjour.
- Beaucoup de nationalités sont dispensées de visa pour un séjour touristique de 90 jours maximum.
Un voyage au Japon, une expérience unique
La barrière de la langue et la distance ne facilitent rien. Mais quand on voyage, c’est pour découvrir autre chose. Ici, la perte de repères est maximale et tout prend une autre dimension.
Les Japonais passent pour fermés, pourtant nous avons trouvé bienveillance et attention. N’ayez pas peur de leur timidité, c’est une marque de respect. Tradition et modernité se côtoient, l’ordre et la propreté sont partout.
On rentre enrichi par ce contact avec une autre façon de vivre. Le Japon est souvent touché par des tremblements de terre. Nous n’en avons subi aucun pendant notre séjour.
Retrouvez tous mes articles dans la rubrique Japon de Si loin si près. Pour rêver d’hôtels, lisez aussi le Ritz-Carlton au Japon et le Club Med Japon.
Le mot de la pro du voyage
Vous préparez le Japon comme un catalogue, pas comme un voyage. Vous réservez les temples célèbres mais vous oubliez le quotidien. Le vrai piège du Japon, c’est la première nuit après l’atterrissage. Vous arrivez épuisé, sans repères, sans yens et sans trajet noté. Notez l’itinéraire de l’aéroport à l’hôtel avant même de décoller. Dans le Club Jet-Lag, je partage mes méthodes pour préparer un voyage sans stress.
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