Après Valparaíso, nous décidons de reprendre la route vers Pucón en faisant un détour par Pichilemu et Llico, pour découvrir leurs plages de sable noir.
Voyage au Chili, en direction vers Pucón
Forcément, quand on fait un road-trip au Chili, on oublie le nombre de kilomètres que l’on effectue, au vrai sens du terme. On se laisse davantage porter par l’ambiance et l’envie du moment. Grosso modo, avant de partir on s’était fixé un itinéraire à suivre que finalement on n’a pas suivi : on avait littéralement sous-estimé les distances.
Llico et la réserve nationale Laguna Torca
On reprend la route ce matin vers Pichilemu, une plage de sable noir même si le paysage est désertique. Seul décor : des plaines arides, pas de maisons ou si peu, et quelques villages le long de l’océan Pacifique. Ici, vous croiserez surtout des surfeurs, tant le coin est réputé pour ses grosses vagues. Et c’est vrai qu’elles sont grandes. Le seul problème, c’est l’épais nuage qu’il y a dessus.
On décide de reprendre la route vers Llico, où nous passerons une nuit pour couper le trajet. Llico donne l’impression d’être un village sorti tout droit du Far West. Cet après-midi est réservé à la découverte de la réserve nationale Laguna Torca, à deux kilomètres du village. Très sincèrement, c’est plus une pause pour couper la route qu’une vraie visite. En fait, c’est une grande forêt de pins en bord de mer — une forêt plantée il y a un siècle pour stopper l’avancée des dunes, ce qui explique ces arbres alignés qu’on ne s’attend pas à trouver là. La lagune, elle, abrite quelque quatre-vingts espèces d’oiseaux, dont des cygnes à cou noir.
Retour à Llico où l’on prend un repas. Mais pas le temps de traîner : il nous faut aller nous installer au camping, que l’on a du mal à trouver. Il est tout simplement paumé au beau milieu de la forêt, dans la réserve. On y accède par une route de sable. À cet instant précis, je ne regrette pas un instant d’avoir opté pour un 4×4.
Le lendemain, on décide de rouler vers Pucón, mais c’est très loin, et la route est usante moralement même si la beauté du paysage vous fait oublier le rythme. On décide finalement de s’arrêter à Talca, puis à Temuco, pour bien profiter à chaque fois de nos escales.
La région du Maule
Nous poursuivons notre route vers Pucón en nous rabattant un peu vers le centre et la région du Maule, aussi connue comme la région des vins. Les paysages changent au fur et à mesure : le désert se transforme en champs de vignes. Après trois bonnes heures de route, on arrive enfin à Talca. C’est la base pour visiter la réserve nationale Altos de Lircay, à une soixantaine de kilomètres de là, du côté de Vilches.

Barques de pêche colorées échouées sur le sable noir, village sur la colline, lumière de fin de journéeLa réserve nationale Altos de Lircay
Car sincèrement, la réserve nationale Altos de Lircay mérite le détour. Si vous aimez les lacs perdus, les efforts physiques, marcher sur les crêtes des montagnes et admirer la cordillère des Andes, vous serez servie. C’est splendide, tout simplement.
On part pour une rando qui, je l’espère, ne sera pas trop difficile. On opte finalement pour le sentier de la Laguna del Alto, assurément la randonnée la plus longue que j’aie faite de ma vie. Physiquement, c’est hardos. Le début est vraiment physique : il faut grimper mille mètres de dénivelé à flanc de montagne, jusqu’à un col, dans la forêt. Comptez quatre à six heures aller-retour.
En revanche, lorsque vous sortez de la forêt, vous ne savez plus où regarder tellement tout est beau. C’est littéralement estomaquant. On marche sur la crête des montagnes, et la sensation est totalement incroyable. Pour arriver à la Laguna del Alto, qui se trouve un peu au-dessus de deux mille mètres, il faut ensuite redescendre une centaine de mètres : elle est en contrebas, au pied d’un grand cirque.
Je suis morte physiquement mais tellement heureuse de ce que je viens de voir que mes batteries sont comme rechargées. Le décor est vraiment magique, j’ai l’impression d’être devant un ballet de montagnes toutes plus grandes les unes que les autres. Soyez prudents : j’ai manqué tomber au début de la descente. C’est du gravier et du sable au sol, ce qui rend le terrain glissant.

Infos pratiques !
Pour aller à la réserve nationale Laguna Torca : l’entrée est payante, sauf si vous avez la carte de la Conaf — le tarif a changé depuis notre passage, vérifiez sur place. De là, plusieurs randonnées sont possibles. Un conseil : allez jusqu’à la mer (6 km, 2 h 30). La réserve ferme en fin d’après-midi et n’accepte plus d’entrée après le milieu d’après-midi.
Pour Altos de Lircay : attention, les longs sentiers, dont celui de la Laguna del Alto, n’acceptent plus d’entrée après 10 h 30. Partez de Talca tôt le matin, sinon on vous refusera le départ.
Pour dormir à Llico : le camping de la réserve nationale. WC et douches propres, mais l’eau est froide.
Pour dormir à Talca : c’est à l’hôtel del Centro que nous avons passé la nuit. Très sincèrement, c’est tout sauf charmant ! Davantage vieillot que flambant neuf, vous êtes dans un endroit qui sent le rustique. Néanmoins, le petit déjeuner est copieux et ça fait l’affaire pour une nuit, surtout après avoir passé la veille en camping.

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