Pucón au Chili : le parc Conguillío, les thermes et le volcan Villarrica

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Une journée de marche dans une forêt d’araucarias face à un volcan en activité, une ville qui ressemble à une station de ski posée au bord d’un lac, et le soir venu des bassins d’eau chaude en pleine forêt. Pucón est l’étape où l’on se fatigue et où l’on se répare, souvent le même jour.

On roulait depuis des heures, à enfiler les kilomètres sans les compter — mieux vaut ne pas les compter, d’ailleurs. La route se durcissait, on traversait des plateaux qui donnaient l’impression d’un désert d’altitude, et puis la végétation a repris le dessus. Nous entrions en Araucanie.

puerto varas

Pucón en bref

  • Où : en Araucanie, au bord du lac Villarrica, à environ 800 km au sud de Santiago
  • Le volcan : le Villarrica, 2 847 m, l’un des plus actifs du Chili — ascension possible, guide obligatoire
  • À côté : le parc national Conguillío et le volcan Llaima, à deux heures et demie de route
  • Les thermes : une quinzaine autour de la ville, dont Los Pozones et les Termas Geométricas
  • Compter : 3 jours minimum, 4 si vous visez l’ascension du volcan
  • Meilleure période : de novembre à mars ; les sentiers de Conguillío sont enneigés en hiver
  • Prévoir : des espèces, et une journée de marge si vous réservez l’ascension

La route par l’Araucanie

On traverse la région de l’Araucanie, qui s’étend juste au nord de la région des Lacs. C’est vert, vallonné, et la cordillère des Andes joue à se rapprocher puis à s’éloigner au fil des virages. La route grimpe en lacets et l’on prend de l’altitude sans s’en apercevoir.

Un mot sur la géographie, parce que beaucoup de guides entretiennent la confusion : Pucón n’est pas dans la région des Lacs, mais en Araucanie. Ce que les brochures appellent « la région des lacs et des volcans » est un ensemble touristique qui couvre trois régions administratives — l’Araucanie, Los Ríos et Los Lagos. Dire que Pucón est « dans la région des Lacs » est donc faux au sens strict, même si l’on comprend l’idée.

Le parc national Conguillío

Sur la route de Pucón, le parc national Conguillío mérite largement le détour. L’accès est facile et très bien indiqué. À l’accueil, on nous a recommandé la randonnée de la Sierra Nevada : c’était le bon conseil.

La randonnée Sierra Nevada

Le sentier part du bord du lac Conguillío, d’une des plus belles plages du parc, et monte progressivement à travers une forêt dense d’araucarias — ces arbres en parapluie qui ne poussent qu’ici — et de bambous nains. Comptez environ 14 kilomètres aller-retour et quelque 650 mètres de dénivelé. C’est physique sans être technique, et le chemin est balisé. Prenez un bâton : vous serez contente de l’avoir.

Le grand avantage de cette randonnée, c’est l’ombre. On marche sous les arbres une bonne partie du temps, ce qui change tout par une journée chaude.

Elle se termine sur un mirador dégagé, à la sortie de la forêt. Et là, la récompense : le volcan Llaima en face, énorme, coiffé de neige, avec le lac Conguillío en contrebas. Soyons précises, parce que j’ai lu le contraire un peu partout : ce sentier ne monte pas sur le Llaima. Il mène à un belvédère qui lui fait face. Le sommet du Llaima, à quelque 3 125 mètres, relève de l’alpinisme, et le sommet de la Sierra Nevada elle-même aussi.

Cela n’enlève rien : c’est l’une des plus belles vues de tout mon voyage au Chili, et la seule où j’ai vu un volcan de cette taille sans avoir à me harnacher.

Arriver à Pucón : une station de ski au bord d’un lac

Je me suis endormie dans la voiture. Quand j’ai ouvert les yeux, on approchait de Pucón, et j’ai eu l’impression d’arriver dans une station de ski : chalets en bois, rues alignées de boutiques et de restaurants, tout est pensé pour le visiteur.

Il faut l’assumer : Pucón manque d’authenticité, et cela se sent à chaque coin de rue. C’est la capitale chilienne du tourisme d’aventure, avec ce que cela implique d’agences côte à côte vendant le même rafting sur le Trancura et la même tyrolienne. Ce soir-là, franchement, je m’en fichais. J’avais besoin d’un lit et d’eau chaude.

Et il faut reconnaître à la ville son atout : le lac Villarrica d’un côté, le cône presque parfait du volcan de l’autre, visible du port comme du bout de chaque rue. C’est une vue dont on ne se lasse pas.

Nous avions une tente, nous avons pris une chambre. Les campings du secteur sont chers pour ce qu’ils offrent, et après une journée de marche, le calcul est vite fait.

Les thermes : comment choisir

C’est la vraie spécialité de Pucón. Une quinzaine d’établissements thermaux entourent la ville, chacun avec ses arguments. Trois noms reviennent, et ils ne se ressemblent pas.

Les Termas Los Pozones

C’est celui que nous avons choisi, à une trentaine de kilomètres de Pucón, au bord d’une rivière et en pleine nature. Cinq bassins de pierre, dont la température monte à mesure qu’on se rapproche de la source : de l’ordre de 32 °C pour le plus éloigné, jusqu’à 40 °C pour le plus chaud.

Le principe est de rester un quart d’heure dans chacun, en montant progressivement. Le seul inconvénient, c’est qu’il faut sortir de l’eau pour changer de bassin — ce qui, la nuit tombée, demande un certain courage. J’en suis sortie complètement à l’ouest, dans le meilleur sens du terme.

Comptez de l’ordre de 15 000 pesos pour deux heures de bain, et prévoyez des espèces. On y va en voiture ; il existe aussi des navettes depuis Pucón.

Les Termas Geométricas et Huife

Si c’est la beauté du lieu qui vous décide, allez plutôt aux Termas Geométricas : une vingtaine de bassins échelonnés dans une gorge boisée, reliés par de longues passerelles en bois rouge. C’est le plus photogénique des trois, et le plus cher. Les thermes de Huife, plus proches de la ville, forment un bon compromis.

L’ascension du volcan Villarrica

Le Villarrica, 2 847 mètres, est l’un des volcans les plus actifs du Chili — il est entré en éruption en mars 2015. Son ascension est l’activité phare de Pucón, et il y a des règles.

Le guide est obligatoire, pas seulement recommandé : on ne passe pas l’entrée du parc sans une agence. Cela s’explique par l’activité du volcan et par les conditions au sommet, où l’on distribue des masques à gaz pour approcher le cratère. L’agence fournit crampons, piolet, casque et vêtements.

Côté budget, comptez au moins 100 000 pesos par personne. C’est cher, et c’est le prix de la seule façon légale de le faire. Nous avons passé notre fin de journée à organiser tout cela avant d’aller aux thermes.

Deux conseils. Prévoyez une journée de marge : les départs sont annulés dès que la météo ou l’activité du volcan l’exigent, et cela arrive souvent. Et réservez la veille au plus tard en haute saison, les places partent vite.

Si vous restez plus longtemps

  • Les Ojos del Caburgua : deux vasques et des cascades d’une eau turquoise irréelle, à une vingtaine de kilomètres. Courte balade, grand effet.
  • La Playa Negra de Caburgua : une plage de sable volcanique noir au bord du lac, cernée de forêt.
  • Le rafting sur le Trancura : des rapides de classe III et IV, l’activité que toutes les agences de la rue principale vendent.
  • Le parc national Huerquehue : une superbe randonnée entre lagunes et araucarias, à une heure de Pucón. Je lui ai consacré tout un passage dans mon article sur la région des lacs.

Combien ça coûte

  • Parc national Conguillío : environ 5 000 pesos par personne
  • Termas Los Pozones : de l’ordre de 15 000 pesos pour deux heures
  • Ascension du Villarrica : à partir de 100 000 pesos, matériel et guide compris
  • À savoir : beaucoup de ces prestataires fonctionnent en espèces, et les tarifs changent chaque saison — vérifiez sur place

Où dormir

Nous avions réservé une chambre à l’Hostal La Maison, au centre de Pucón. Ce n’est pas le luxe, c’est authentique, tenu par un Français, Étienne, avec un jardin agréable et tout à distance de marche. Son vrai atout : il connaît très bien la région, et ses conseils nous ont servi à planifier les jours suivants. Quand on arrive épuisée et qu’on doit organiser une ascension le lendemain, cela vaut cher.

Questions fréquentes

Combien de jours rester à Pucón ?

Trois jours au minimum : un pour la route et le parc Conguillío, un pour les thermes et la ville, un pour l’ascension. Prenez-en quatre si vous tenez vraiment à monter au volcan, pour absorber une annulation météo.

Le sentier Sierra Nevada monte-t-il au sommet du Llaima ?

Non. Il mène à un mirador qui fait face au Llaima, après environ 14 kilomètres aller-retour et 650 mètres de dénivelé. Les sommets du Llaima et de la Sierra Nevada demandent du matériel et de l’expérience en haute montagne.

Peut-on monter au Villarrica sans guide ?

Non, c’est interdit. L’accès se fait obligatoirement par une agence agréée, qui fournit le matériel — y compris les masques à gaz pour le cratère.

Quels thermes choisir autour de Pucón ?

Los Pozones pour l’ambiance nature et le rapport qualité-prix, les Termas Geométricas pour la beauté du site et les photos, Huife si vous ne voulez pas rouler longtemps. Dans tous les cas, allez-y en fin de journée.

Quelle est la meilleure période ?

De novembre à mars. En hiver, les sentiers de Conguillío et les routes d’accès au parc peuvent être enneigés, et l’ascension du Villarrica devient beaucoup plus aléatoire.

Pucón vaut-il le détour si l’on n’aime pas les activités sportives ?

Oui, pour les thermes, le lac et la vue sur le volcan. Mais soyez prévenue : la ville est entièrement organisée autour de l’aventure, et si vous cherchez l’authenticité, vous la trouverez plutôt dans les villages de l’Araucanie alentour.

Le mot de la pro du voyage

Pucón est une ville que l’on critique facilement — trop touristique, trop propre, trop chère — et dont on garde pourtant un excellent souvenir. Parce qu’on y arrive épuisée et qu’on y trouve exactement ce qu’il faut : une chambre, un volcan à regarder, et de l’eau chaude.

Mon conseil, si vous ne devez en retenir qu’un : ne réduisez pas cette étape à l’ascension du volcan. Elle peut être annulée, et ce serait dommage de repartir déçue d’un endroit qui offre, à deux heures de route, l’une des plus belles randonnées du pays.

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