Il fait froid en Laponie. Très froid. Vous vous en doutiez, moi aussi. Sauf qu’entre le savoir et le vivre, il y a trente degrés sous zéro. Récit d’une virée en traîneau à chiens dans le grand blanc finlandais.


Le froid, ce compagnon qu’on sous-estime toujours
Dit comme ça, ça paraît bête. Pourtant, quand vous avez froid, vous ne pensez plus. Chaque geste devient un effort. Chaque pas, une négociation avec la nature.
J’avais tout prévu. Doudoune, polaires, grosses chaussures d’hiver. Le kit parfait, sur le papier. Pour la superposition, suivez plutôt les conseils de nos rédactrices pour faire sa valise. Moi, j’ai appris sur le terrain.
Oui, j’ai eu froid. Oui, j’ai peiné dans la neige. Et j’y retournerais demain matin, sans hésiter. Je dois être un peu folle.
L’impression d’être la première à passer par là
En Laponie finlandaise, la neige efface tout. Pas une trace, pas un bruit, pas une silhouette. Vous avez l’impression folle d’être la première à fouler ce sol.
Évidemment, l’imagination s’emballe. J’avais dévoré des livres sur le Grand Nord. Aucun ne m’avait préparée à ce blanc-là.
Le matin, à l’hôtel Comwell, je fixe le thermomètre. Presque -30°C au compteur. Une température qui anesthésie avant même de sortir.

Le jour, ces plaines impressionnent depuis un traîneau. La nuit, elles deviennent la scène des aurores boréales. Deux spectacles, un seul décor.
Marc, le matheux qui a tout quitté pour la neige
Marc vit en Finlande depuis une douzaine d’années. Ancien étudiant en mathématiques, il a tout lâché pour cette immensité blanche. Il s’y est marié. Il y est devenu guide. Le froid ne lui fait plus rien. Moi, si.
Son premier conseil concerne le bonnet. « C’est par les extrémités que le froid se fait sentir en premier. » J’obéis. Bonnet, deux écharpes, gants et couches superposées.
Pensez aussi à protéger vos mains du froid avant le départ. Et à adapter votre trousse beauté à l’hiver. Votre peau vous dira merci.
Direction une grange perdue au bord d’un lac
Nous partons de nuit dans un gros 4×4. La route n’est qu’une suggestion. Seuls quelques piquets balisent le chemin. De rares maisons prouvent que des gens vivent vraiment ici.
Puis Marc s’arrête et éclate de rire. « On est arrivés. » Face à nous, une grange abandonnée au bord d’un lac. Je ne sais pas skier. Ce sera donc les raquettes.
À -30°C, chaque pas est un petit exploit. Je vous le garantis.

Douze chiens, une couverture et une seule consigne
Rodger nous rejoint et annonce que le traîneau est prêt. Je crois avoir mal compris, à cause de l’accent. Pas du tout. Douze chiens magnifiques attendent, attachés ensemble.
Rodger est leur musher, le meneur d’attelage. Il m’explique les gestes en deux minutes chrono. Une couverture sur les jambes, interdiction de l’enlever. Lampe frontale vissée sur le front. Je suis intimidée et folle de joie à la fois.
Sa consigne tient en une phrase. « Accroche-toi bien, les chutes sont fréquentes. » Les chiens aboient peu. Ils me jettent des regards en coin. On dirait qu’ils se demandent ce que je fiche là. Excellente question.

Et soudain, le ciel vire au rose
Puis le soleil sort enfin de sa tanière. Il rase l’horizon et embrase la neige. Le ciel passe du rose au violet, puis au rouge. Aucune maison, aucune silhouette. Juste nous, les chiens et cette lumière.
Les chiens ralentissent. C’est la pause. Marc et Rodger ont tout prévu. Un café brûlant, le meilleur de ma vie. Un sandwich au poisson pour reprendre des forces.
Pas question de rester immobile trop longtemps. À ces températures, on gèle sur place. Et pourtant, je n’échangerais ce café contre aucun palace. C’est ma définition personnelle du voyage de luxe.
Entre forêt boréale, lacs et rennes indifférents
Nous voilà repartis. L’attelage file comme un éclair. Nous sommes quelque part entre Kajaani et Inari. Forêt boréale, collines et lacs à perte de vue. La frontière russe n’est pas loin.
Un troupeau de rennes nous croise sans lever la tête. Plus loin, des élans. Ils ont visiblement mieux à faire. Des cabanes en rondins surgissent parfois au détour d’un virage.
Pas d’ours en vue. Normal, en hiver ils dorment. Eux, au moins, ont compris quelque chose.
Cette virée m’a rendu mon âme d’enfant. Si le Grand Nord vous appelle aussi, la Scandinavie prolonge le rêve. Lisez mon road trip en Norvège. Ou filez au nord de l’Écosse sur les traces des Vikings.
Infos pratiques pour votre voyage en Finlande
Combien coûte un voyage en Finlande ?
Tout dépend de la saison, de la durée et du confort visé. Un aller-retour pour Helsinki coûte entre 400 et 1 000 €. Comptez plus de 200 € la nuit en hôtel de luxe. Les adresses plus simples tournent entre 50 et 150 €.
La vie sur place est chère, surtout l’alimentation et le logement. Les salaires suivent, les taxes aussi.
Comment se déplacer en Finlande ?
Le train VR est fiable et confortable. Il relie Helsinki à Turku, Tampere ou Rovaniemi. Les bus Onnibus et Matkahuolto coûtent moins cher, mais roulent plus lentement. Ils desservent aussi des villages sans gare.
La voiture reste idéale pour les régions isolées. Pour la Laponie ou les îles Åland, l’avion fait gagner un temps précieux.
Quand partir en Finlande ?
De décembre à février, c’est le grand froid. Le thermomètre descend jusqu’à -30°C, parfois plus bas. C’est la saison des aurores boréales et du traîneau.
En été, de juin à août, le soleil de minuit illumine les nuits. Les températures dépassent parfois 25°C. Randonnée, vélo et camping sont alors rois.
L’automne offre des couleurs somptueuses et des températures encore douces. Le printemps réveille la nature et ramène les oiseaux migrateurs.
Quelles formalités pour la Finlande ?
Les ressortissants de l’Union européenne voyagent avec une carte d’identité ou un passeport valide. D’autres nationalités ont besoin d’un visa, vérifiez auprès du consulat finlandais. Pour conduire, votre permis national ou un permis international suffit.
Et ne partez jamais sans couverture santé. Une assurance voyage reste indispensable, surtout par -30°C.
Que voir d’autre en Finlande ?
Helsinki séduit par son design et ses musées, du Kiasma à la cathédrale Uspenski. L’île-forteresse de Suomenlinna est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Turku, l’ancienne capitale, garde son château médiéval.
Rovaniemi abrite le village officiel du Père Noël. Les îles Åland promettent vélo, pêche et silence. Et partout, le sauna vous attend. En Finlande, c’est une institution, pas une option.
Le mot de la pro du voyage
Le Grand Nord fait rêver sur Instagram. Sur place, il se mérite. La plupart des voyageurs soignent la doudoune et oublient les extrémités. Mains, pieds, visage, tout se joue là.
Beaucoup réservent aussi en plein cœur de l’hiver, sans penser à la lumière. En décembre, le jour ne dure que quelques heures. Février et mars offrent souvent plus de clarté pour autant de neige.
Ces détails changent un voyage. Au Club Jet-Lag, on vous les donne avant le départ. Conseils de terrain, adresses testées, zéro remplissage.
Laisser un commentaire