Après Buenos Aires, cap plein sud. El Calafate, 6 000 habitants posés au bord du lac Argentino, au milieu des plaines de Patagonie. On y vient pour une seule raison, et elle suffit largement : à une heure de route se dresse un mur de glace de cinq kilomètres de large qui craque, se fissure et s’effondre sous vos yeux. Deux jours sur place, et on repart avec des images pour dix ans.
Aller à El Calafate depuis Bueno Aires
En avion, la solution raisonnable
Comptez environ 3 h 20 de vol depuis Buenos Aires. Longtemps, seules Aerolíneas Argentinas et LAN (devenue LATAM) desservaient la ligne ; le marché s’est ouvert depuis, avec des compagnies low cost comme Flybondi ou JetSmart. Réservez tôt : sur cette route, les prix grimpent vite en haute saison.
Par la route, pour les courageux
Relier la capitale à El Calafate en voiture demande une trentaine d’heures. En bus, comptez plus de 40 heures. Ce n’est pas absurde si vous descendez la Patagonie étape par étape — c’est même comme ça qu’on prend la mesure du pays — mais ne le faites pas d’une traite. Notre retour d’expérience est dans voyager en bus en Argentine.
Si vous louez un véhicule, prenez un modèle confortable et adapté aux pistes. Et prévoyez large sur les horaires : en Patagonie, le chauffeur s’arrête quand il veut, et les distances se moquent des plannings.
El Calafate, un village de montagne au bord du lac
L’aéroport semble posé au milieu de nulle part — et c’est exactement le cas. Rien alentour. La ville est à une vingtaine de kilomètres, au pied de la cordillère des Andes, le long du lac Argentino. Ses chalets de bois lui donnent des airs de station de montagne, ce qui détonne franchement quand on arrive de Buenos Aires.
La réserve naturelle Laguna Nimez
Aux abords de la ville, cette petite réserve payante se parcourt en une à deux heures sur des sentiers aménagés. Flamants roses, oies, échassiers : c’est une mise en jambes idéale le jour de l’arrivée, quand il reste deux heures de jour et qu’on n’a plus l’énergie pour autre chose.
Dans le ciel, guettez les aigles ; dans les steppes arides autour, les guanacos, ces cousins du lama qui vous regardent passer sans bouger d’un cil.
Le parc national Los Glaciares
Le lendemain, direction le parc national Los Glaciares : plus de 7 200 km², le plus vaste parc national d’Argentine, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’entrée se paie à l’arrivée, quel que soit le temps que vous passez à l’intérieur.
Tout est remarquablement organisé. Une navette gratuite monte depuis le parking, puis un réseau de passerelles métalliques descend en gradins face au glacier. Aucune difficulté, accessible à tous, et à chaque palier la vue change.
Face au Perito Moreno
Le glacier se dévoile progressivement, et il grandit à mesure qu’on descend. Les chiffres : 30 km de long, un front de 5 km de large, 60 mètres de haut au-dessus de l’eau — et autant de fois plus en dessous. On a beau les avoir lus, ça ne prépare à rien.
Le plus saisissant n’est pas la vue. C’est le bruit. Le glacier craque. Des détonations sourdes, comme un orage lointain, puis un pan de glace qui se fissure et s’effondre dans le lac dans un fracas invraisemblable. On reste là, stoïque, à sursauter à chaque craquement.
Le bon moment pour l’entendre
Un conseil qui change tout : allez-y en fin de journée. Le soleil a réchauffé la glace toute la journée, les effondrements sont plus fréquents et la lumière rasante sur le bleu du glacier est bien plus belle qu’en plein midi. C’est aussi le moment où les groupes en excursion organisée commencent à repartir.
Naviguer entre les icebergs
Depuis Puerto Bandera, des bateaux remontent les bras nord du lac Argentino jusqu’aux glaciers Upsala et Spegazzini. C’est une tout autre expérience : on navigue au milieu de blocs de glace bleu électrique, certains de la taille d’un immeuble. La journée est longue et plus chère que le Perito Moreno, mais si vous avez un jour de plus, c’est là qu’il faut le mettre.

Infos pratiques pour El Calafate
Combien de temps rester
Deux jours pleins suffisent : une demi-journée pour la ville et la Laguna Nimez, une journée entière pour le Perito Moreno. Trois jours si vous ajoutez la navigation vers Upsala, quatre si vous poussez jusqu’à El Chaltén pour le Fitz Roy.
Quand y aller
D’octobre à avril, l’été austral. Janvier-février sont les mois les plus fréquentés et les plus chers ; novembre et mars offrent un meilleur rapport affluence/météo. Le détail saison par saison est dans le guide « Patagonie, quand partir ».
Où dormir
Nous avions réservé l’Hostel de las Manos sur la foi de jolies photos — et c’est à peu près tout ce qu’il y avait à admirer : accueil moyen, wifi capricieux, petit-déjeuner minimal. À éviter. La ville compte beaucoup mieux pour le même budget, et il vaut la peine de lire les avis récents plutôt que de se fier aux photos de l’annonce. Attention aussi aux taxes de séjour, qui ajoutent environ 21 % à la note.
Manger
Les restaurants de la rue principale sont corrects mais chers. Si votre hébergement met une cuisine à disposition, profitez-en : on a beaucoup fonctionné aux pique-niques et aux courses au supermarché, et le budget s’en ressent immédiatement.
Location de voiture
Pas d’inquiétude à l’arrivée : les agences locales viennent vous chercher à l’aéroport, la nôtre avait même pris le taxi à sa charge jusqu’au centre-ville. En revanche, la location coûte nettement plus cher dans le Sud que dans le reste du pays. Comparez, et réservez à l’avance en haute saison.
Budget
El Calafate est une des étapes les plus chères d’un road trip argentin : vols intérieurs, entrée du parc, excursions, hébergement.
Après Buenos Aires, cap plein sud. El Calafate, 6 000 habitants posés au bord du lac Argentino, au milieu des plaines de Patagonie. On y vient pour une seule raison, et elle suffit largement : à une heure de route se dresse un mur de glace de cinq kilomètres de large qui craque, se fissure et s’effondre sous vos yeux. Deux jours sur place, et on repart avec des images pour dix ans.
Aller à El Calafate depuis Buenos Aires
En avion, la solution raisonnable
Comptez environ 3 h 20 de vol depuis Buenos Aires. Longtemps, seules Aerolíneas Argentinas et LAN (devenue LATAM) desservaient la ligne ; le marché s’est ouvert depuis, avec des compagnies low cost comme Flybondi ou JetSmart. Réservez tôt : sur cette route, les prix grimpent vite en haute saison.
Par la route, pour les courageux
Relier la capitale à El Calafate en voiture demande une trentaine d’heures. En bus, comptez plus de 40 heures. Ce n’est pas absurde si vous descendez la Patagonie étape par étape — c’est même comme ça qu’on prend la mesure du pays — mais ne le faites pas d’une traite. Notre retour d’expérience est dans voyager en bus en Argentine.
Si vous louez un véhicule, prenez un modèle confortable et adapté aux pistes. Et prévoyez large sur les horaires : en Patagonie, le chauffeur s’arrête quand il veut, et les distances se moquent des plannings.
El Calafate, un village de montagne au bord du lac
L’aéroport semble posé au milieu de nulle part — et c’est exactement le cas. Rien alentour. La ville est à une vingtaine de kilomètres, au pied de la cordillère des Andes, le long du lac Argentino. Ses chalets de bois lui donnent des airs de station de montagne, ce qui détonne franchement quand on arrive de Buenos Aires.
La réserve naturelle Laguna Nimez
Aux abords de la ville, cette petite réserve payante se parcourt en une à deux heures sur des sentiers aménagés. Flamants roses, oies, échassiers : c’est une mise en jambes idéale le jour de l’arrivée, quand il reste deux heures de jour et qu’on n’a plus l’énergie pour autre chose.
Dans le ciel, guettez les aigles ; dans les steppes arides autour, les guanacos, ces cousins du lama qui vous regardent passer sans bouger d’un cil.
Le parc national Los Glaciares
Le lendemain, direction le parc national Los Glaciares : plus de 7 200 km², le plus vaste parc national d’Argentine, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’entrée se paie à l’arrivée, quel que soit le temps que vous passez à l’intérieur.
Tout est remarquablement organisé. Une navette gratuite monte depuis le parking, puis un réseau de passerelles métalliques descend en gradins face au glacier. Aucune difficulté, accessible à tous, et à chaque palier la vue change.
Face au Perito Moreno
Le glacier se dévoile progressivement, et il grandit à mesure qu’on descend. Les chiffres : 30 km de long, un front de 5 km de large, 60 mètres de haut au-dessus de l’eau — et autant de fois plus en dessous. On a beau les avoir lus, ça ne prépare à rien.
Le plus saisissant n’est pas la vue. C’est le bruit. Le glacier craque. Des détonations sourdes, comme un orage lointain, puis un pan de glace qui se fissure et s’effondre dans le lac dans un fracas invraisemblable. On reste là, stoïque, à sursauter à chaque craquement.
Le bon moment pour l’entendre
Un conseil qui change tout : allez-y en fin de journée. Le soleil a réchauffé la glace toute la journée, les effondrements sont plus fréquents et la lumière rasante sur le bleu du glacier est bien plus belle qu’en plein midi. C’est aussi le moment où les groupes en excursion organisée commencent à repartir.
Naviguer entre les icebergs
Depuis Puerto Bandera, des bateaux remontent les bras nord du lac Argentino jusqu’aux glaciers Upsala et Spegazzini. C’est une tout autre expérience : on navigue au milieu de blocs de glace bleu électrique, certains de la taille d’un immeuble. La journée est longue et plus chère que le Perito Moreno, mais si vous avez un jour de plus, c’est là qu’il faut le mettre.
Infos pratiques pour El Calafate
Combien de temps rester
Deux jours pleins suffisent : une demi-journée pour la ville et la Laguna Nimez, une journée entière pour le Perito Moreno. Trois jours si vous ajoutez la navigation vers Upsala, quatre si vous poussez jusqu’à El Chaltén pour le Fitz Roy.
Quand y aller
D’octobre à avril, l’été austral. Janvier-février sont les mois les plus fréquentés et les plus chers ; novembre et mars offrent un meilleur rapport affluence/météo. Le détail saison par saison est dans le guide « Patagonie, quand partir ».
Où dormir
Nous avions réservé l’Hostel de las Manos sur la foi de jolies photos — et c’est à peu près tout ce qu’il y avait à admirer : accueil moyen, wifi capricieux, petit-déjeuner minimal. À éviter. La ville compte beaucoup mieux pour le même budget, et il vaut la peine de lire les avis récents plutôt que de se fier aux photos de l’annonce. Attention aussi aux taxes de séjour, qui ajoutent environ 21 % à la note.
Manger
Les restaurants de la rue principale sont corrects mais chers. Si votre hébergement met une cuisine à disposition, profitez-en : on a beaucoup fonctionné aux pique-niques et aux courses au supermarché, et le budget s’en ressent immédiatement.
Location de voiture
Pas d’inquiétude à l’arrivée : les agences locales viennent vous chercher à l’aéroport, la nôtre avait même pris le taxi à sa charge jusqu’au centre-ville. En revanche, la location coûte nettement plus cher dans le Sud que dans le reste du pays. Comparez, et réservez à l’avance en haute saison.
Budget
El Calafate est une des étapes les plus chères d’un road trip argentin : vols intérieurs, entrée du parc, excursions, hébergement. Raisonnez en euros ou en dollars et vérifiez les tarifs du moment — les prix en pesos évoluent trop vite avec l’inflation pour qu’un chiffre publié tienne plus de quelques mois. Prévoyez du liquide, les distributeurs sont souvent vides en janvier-février.
Quoi emporter
Coupe-vent imperméable, polaire, bonnet et gants même en été : le vent de Patagonie fait chuter la température ressentie très vite, et les passerelles du Perito Moreno sont totalement exposées. Chaussures de marche, lunettes de soleil et crème solaire — la réverbération sur la glace est violente. Et de bonnes chaussettes de randonnée si vous enchaînez avec des treks.
Questions fréquentes sur El Calafate
Combien de temps faut-il pour visiter El Calafate ?
Deux jours pleins couvrent l’essentiel : la ville et la Laguna Nimez, puis une journée complète au glacier Perito Moreno. Comptez un jour de plus pour la navigation vers les glaciers Upsala et Spegazzini.
Peut-on voir le glacier Perito Moreno sans excursion organisée ?
Oui. Le parc est accessible en voiture de location ou en navette régulière depuis El Calafate, et le réseau de passerelles se parcourt librement, sans guide.
À quelle heure aller au Perito Moreno pour le voir se fissurer ?
En fin de journée : la glace réchauffée par le soleil se détache plus souvent, et la lumière rasante est bien plus belle qu’en milieu de journée.
El Calafate ou El Chaltén ?
El Calafate pour les glaciers, El Chaltén pour la randonnée et le Fitz Roy. Les deux villes sont à environ 3 heures de route l’une de l’autre et se combinent très bien sur un même séjour.
Quelle est la taille du glacier Perito Moreno ?
Environ 30 km de long, avec un front de 5 km de large qui s’élève à 60 mètres au-dessus du lac Argentino — sans compter la partie immergée.
La suite du voyage
Depuis El Calafate, la route continue vers le sud et Ushuaïa, la ville du bout du monde, ou franchit la frontière chilienne pour le trek W de Torres del Paine. Plus au nord, l’Argentine change complètement de visage : Salta et la quebrada de las Conchas, puis Humahuaca et ses montagnes colorées.
L’itinéraire complet est dans notre road trip en Argentine, et tous nos autres itinéraires sont réunis dans nos road trips autour du monde. Si les glaciers vous attirent, on en a rencontré un autre, très différent, face au Vatnajökull en Islande.
Vous avez vu le Perito Moreno ? Vous préparez votre road trip en Patagonie ? Racontez-moi en commentaire.
— les prix en pesos évoluent trop vite avec l’inflation pour qu’un chiffre publié tienne plus de quelques mois. Prévoyez du liquide, les distributeurs sont souvent vides en janvier-février.
Quoi emporter
Coupe-vent imperméable, polaire, bonnet et gants même en été : le vent de Patagonie fait chuter la température ressentie très vite, et les passerelles du Perito Moreno sont totalement exposées. Chaussures de marche, lunettes de soleil et crème solaire — la réverbération sur la glace est violente. Et de bonnes chaussettes de randonnée si vous enchaînez avec des treks.
Questions fréquentes sur El Calafate
Combien de temps faut-il pour visiter El Calafate ?
Deux jours pleins couvrent l’essentiel : la ville et la Laguna Nimez, puis une journée complète au glacier Perito Moreno. Comptez un jour de plus pour la navigation vers les glaciers Upsala et Spegazzini.
Peut-on voir le glacier Perito Moreno sans excursion organisée ?
Oui. Le parc est accessible en voiture de location ou en navette régulière depuis El Calafate, et le réseau de passerelles se parcourt librement, sans guide.
À quelle heure aller au Perito Moreno pour le voir se fissurer ?
En fin de journée : la glace réchauffée par le soleil se détache plus souvent, et la lumière rasante est bien plus belle qu’en milieu de journée.
El Calafate ou El Chaltén ?
El Calafate pour les glaciers, El Chaltén pour la randonnée et le Fitz Roy. Les deux villes sont à environ 3 heures de route l’une de l’autre et se combinent très bien sur un même séjour.
Quelle est la taille du glacier Perito Moreno ?
Environ 30 km de long, avec un front de 5 km de large qui s’élève à 60 mètres au-dessus du lac Argentino — sans compter la partie immergée.
La suite du voyage
Depuis El Calafate, la route continue vers le sud et Ushuaïa, la ville du bout du monde, ou franchit la frontière chilienne pour le trek W de Torres del Paine. Plus au nord, l’Argentine change complètement de visage : Salta et la quebrada de las Conchas, puis Humahuaca et ses montagnes colorées.
L’itinéraire complet est dans notre road trip en Argentine, et tous nos autres itinéraires sont réunis dans nos road trips autour du monde. Si les glaciers vous attirent, on en a rencontré un autre, très différent, face au Vatnajökull en Islande.
Vous avez vu le Perito Moreno ? Vous préparez votre road trip en Patagonie ? Racontez-moi en commentaire.




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