Désert de Siloli, arbre de pierre et cimetière de trains : la plus belle route de Bolivie

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Entre les lagunes du sud Lipez et le grand désert de sel, il y a une journée de piste que je n’oublierai jamais. Un rocher sculpté par le vent, des lagunes couvertes de flamants, un désert qui porte le nom de Dalí, des locomotives abandonnées et, au bout, un hôtel entièrement bâti en sel. Voici cette route, étape par étape.

La nuit a été agitée. Le refuge, à plus de 4 000 mètres, ne ressemblait à rien et l’acclimatation a été rude. Un petit déjeuner avalé en vitesse, et hop, retour sur la piste, direction le désert de Siloli. Dans la voiture, on met de la musique. Du Leonard Cohen. Il s’accorde parfaitement aux paysages qui défilent.

Cette journée de route en bref

  • Où : dans la réserve nationale de faune andine Eduardo Avaroa, au sud-ouest de la Bolivie
  • Altitude : autour de 4 500 mètres dans le désert de Siloli
  • Les étapes : l’arbre de pierre, les lagunes Hedionda et Chiarkota, le désert de Dalí, puis le cimetière de trains
  • L’arrivée : le Palacio de Sal, le premier hôtel de sel au monde
  • À prévoir : crème solaire, vêtements chauds, feuilles de coca et beaucoup d’eau

Quitter le refuge, à plus de 4 000 mètres

On quitte ce refuge où l’on s’est gelé toute la nuit avec une joie non dissimulée. Ici, les hébergements sont rudimentaires : dortoirs, eau rare, chauffage inexistant. C’est le prix à payer pour dormir au milieu de nulle part, et cela fait partie du voyage.

Sur la piste, le soleil cogne alors que l’air reste glacial. C’est le grand paradoxe de l’altiplano : on brûle et on grelotte en même temps. Mieux vaut avoir la crème solaire à portée de main et une polaire sur le dos.

 L'arbre de pierre, rocher sculpté par le vent dans le désert de Siloli, en Bolivie
l’arbre de pierre en Bolivie

L’arbre de pierre du désert de Siloli

Première étape, la plus célèbre : l’Árbol de Piedra, l’arbre de pierre. C’est un rocher isolé d’environ sept mètres de haut, posé au milieu des dunes de sable du désert de Siloli, à environ 18 kilomètres au nord de la Laguna Colorada.

Sa silhouette, et surtout son pied étrangement fin, ne doivent rien à l’homme : c’est le vent, chargé de sable, qui a patiemment érodé le grès tendre pendant des siècles. La photo a été vue et revue, et pourtant l’émotion reste entière quand on se retrouve devant. On repart, et l’on a envie de s’arrêter toutes les dix minutes.

Plaine désertique et sommets andins enneigés sur l'altiplano bolivien
Dans le désert de Dali en Bolivie

Les lagunes Hedionda et Chiarkota, royaume des flamants

Plus loin s’ouvrent les lagunes d’altitude. La Laguna Hedionda, à 4 121 mètres, porte bien son nom : « hedionda » signifie puante en espagnol, à cause de l’odeur de soufre qui flotte autour du bassin. La Laguna Chiarkota, elle, se trouve encore plus haut.

Ce sont des lieux de reproduction pour les flamants des Andes. Trois espèces fréquentent ces eaux salées : le flamant de James, le flamant andin et le flamant du Chili. Le spectacle est irréel : des oiseaux roses sur une eau blanche, au pied de volcans, et personne d’autre à des kilomètres.

On s’arrête pour préparer un sandwich. On cherche de l’ombre : il n’y en a pas. Tant pis, on ressort la crème solaire, on mâche une feuille de coca contre le mal d’altitude, et l’on regarde.

Montagne aux teintes rouges et ocre dans le sud-ouest de la Bolivie
Paysage féerique en Bolivie

Le désert de Dalí, où le paysage devient irréel

La piste se poursuit à travers le désert de Dalí, ainsi nommé parce que ses rochers dispersés sur le sable évoquent les toiles du peintre. On croit voir toujours le même décor, et pourtant il change sans arrêt : montagnes rouges, ocre et vertes, plaines infinies, sommets enneigés à l’horizon.

On roule sur des chemins caillouteux qui tiennent lieu de routes, on fait demi-tour au milieu de nulle part, un canyon apparaît. Le sentiment dominant est celui d’être très loin de tout, coupé du monde, et c’est exactement ce qu’on était venu chercher.

Voie ferrée rectiligne traversant le désert, près d'Uyuni
Les restes d’un train en Bolivie

Le cimetière de trains d’Uyuni

À l’approche d’Uyuni, on traverse une vieille voie ferrée, puis on découvre le cimetière de trains. Des dizaines de locomotives et de wagons du début du XXe siècle rouillent en plein désert, au sud-ouest de la ville. On le présente souvent comme le plus grand cimetière ferroviaire du monde.

Ces carcasses racontent l’histoire d’Uyuni, autrefois nœud ferroviaire important, à la croisée des lignes reliant la Bolivie au Chili et à l’Argentine. Le déclin minier a laissé les trains sur place. On grimpe dessus, on s’y promène librement. J’ai voulu poser l’oreille sur un rail, comme dans les westerns : brûlant. J’ai relevé la tête très vite.

Bon à savoir : le site est à quelques minutes d’Uyuni, accessible en taxi pour une somme dérisoire. Venez tôt le matin ou en fin d’après-midi, pour la lumière et pour éviter les groupes.

Gros plan sur une locomotive rongée par la rouille au cimetière de trains d'Uyuni
Les carcasses d’un vieux train en Bolivie

La nuit au Palacio de Sal, le premier hôtel de sel au monde

Le soleil se couche quand nous arrivons enfin. L’entrée a des airs de grand hôtel, mais tout, ici, est blanc : nous sommes au Palacio de Sal, à une vingtaine de kilomètres d’Uyuni, en bordure du salar.

C’est le premier hôtel construit en sel au monde. Le premier bâtiment date de 1998 ; l’actuel a été édifié en 2007, plus loin sur le salar. Les murs, les sols, les plafonds, mais aussi les tables, les chaises et les lits sont taillés dans des blocs de sel compacté. Le sol crisse sous les pas. On se sent presque intimidé en entrant.

Après deux jours sans eau courante, retrouver une douche relève du luxe absolu. Le service est impeccable, le restaurant correct, et le salon offre une vue imprenable sur l’étendue blanche. C’est la récompense parfaite après cette journée de piste.

Hall aux colonnes de sel du Palacio de Sal, en Bolivie
L’accueil du Palacio del Sal

Mes conseils pour cette journée de route

  • Ne sous-estimez pas l’altitude : on reste au-dessus de 4 000 mètres toute la journée. Buvez beaucoup, mangez léger, mâchez des feuilles de coca comme le font les Boliviens.
  • Protégez-vous du soleil : à cette altitude et sans ombre, les coups de soleil sont immédiats. Crème solaire, chapeau et lunettes sont indispensables.
  • Habillez-vous en couches : il fait glacial au lever et brûlant à midi.
  • Gardez vos batteries au chaud : le froid les vide à une vitesse redoutable.
  • Acceptez le rythme : les pistes sont lentes, les arrêts nombreux. C’est un trajet à savourer, pas à avaler.
Le Palacio de Sal, hôtel construit en blocs de sel près d'Uyuni, vu de l'extérieur
Vue extérieure du Palacio del Sal en Bolivie

Questions fréquentes

Où se trouve l’arbre de pierre en Bolivie ?

Dans le désert de Siloli, au sein de la réserve nationale de faune andine Eduardo Avaroa, à environ 18 kilomètres au nord de la Laguna Colorada, dans le sud-ouest du pays.

Quelle est la hauteur de l’Árbol de Piedra ?

Environ sept mètres. Sa forme, et notamment son pied très fin, résulte de l’érosion du grès par le vent chargé de sable.

Peut-on voir des flamants roses dans le sud de la Bolivie ?

Oui. Les lagunes d’altitude comme la Laguna Hedionda accueillent trois espèces de flamants andins : le flamant de James, le flamant andin et le flamant du Chili.

Qu’est-ce que le cimetière de trains d’Uyuni ?

Un site où rouillent des dizaines de locomotives et de wagons du début du XXe siècle, au sud-ouest de la ville d’Uyuni. Il témoigne du passé ferroviaire de la région, reliée autrefois au Chili et à l’Argentine.

Peut-on dormir dans un hôtel de sel en Bolivie ?

Oui. Le Palacio de Sal, à une vingtaine de kilomètres d’Uyuni, a été le premier hôtel de sel au monde. Murs, sols, plafonds et mobilier sont taillés dans des blocs de sel.

Faut-il un 4×4 pour cette route ?

Oui, sans hésiter. Il n’y a pas de routes goudronnées mais des pistes caillouteuses, sans signalisation ni station-service. On part avec un chauffeur qui connaît le terrain.

Chambre du Palacio de Sal, aux murs et au mobilier taillés dans le sel
Meubles en sel au Palacio del sal en Bolivie

Le mot de la pro du voyage

C’est la journée que je recommande à ceux qui croient que le sud Lipez se résume au salar. Entre le refuge et l’hôtel de sel, il ne se passe rien d’autre que du paysage, et c’est précisément ce qui la rend inoubliable. Mon conseil : laissez tomber le chronomètre, arrêtez-vous dès qu’une lumière vous plaît, emportez une playlist qui vous ressemble, et gardez de la place sur votre carte mémoire. Vous ne referez pas cette route deux fois dans une vie.

Pour en savoir plus :

Voyage en Bolivie Dans le sud de Lipez - Bolivie
Dans le sud de Lipez en Bolivie
Voyage en Bolivie à Salar de Uyuni
En Bolivie à Salar de Uyuni

 

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