Salar de Uyuni : mon lever de soleil sur le plus grand désert de sel du monde

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Une étendue blanche de plus de 10 000 km², à 3 658 mètres d’altitude, où le ciel se reflète parfois comme dans un miroir : le Salar de Uyuni est l’un de ces endroits qui tiennent leurs promesses. Voici ce que j’y ai vu, quand y aller selon l’effet recherché, comment s’organiser depuis La Paz et ce qu’il faut absolument emporter. 

Visiteurs au bord d'un bassin d'eau chaude fumant au lever du soleil, sur l'altiplano bolivien
En Bolivie à salar d uyuni coucher de soleil

Ce matin-là, le réveil a un goût salé. Normal : nous avons passé la nuit dans un hôtel construit en blocs de sel, au bord du salar. Il faut se lever tôt, très tôt, pour être sur l’étendue blanche au moment où le soleil se lève. On sort du sac de couchage à contrecœur, il fait un froid mordant, et pourtant personne ne traîne.

Le Salar de Uyuni en bref

  • Où : sur l’altiplano bolivien, dans le département de Potosí
  • Altitude : 3 658 mètres
  • Superficie : environ 10 582 km², le plus vaste désert de sel du monde
  • Effet miroir : pendant la saison des pluies, de janvier à mars
  • Sel craquelé et accès complet : pendant la saison sèche, de mai à octobre
  • Circuit classique : trois jours, salar et sud Lipez, à partir de 150 à 200 €

Une nuit dans un hôtel de sel

Dormir dans un hôtel de sel fait partie de l’expérience. Les murs, les tables, les chaises et même les lits sont taillés dans des blocs découpés à même le salar. Le sol est recouvert de sel granulé, qui crisse sous les pas. C’est étonnant, c’est frais, et cela plante le décor : ici, tout est fait de la même matière.

Le lever du soleil sur le salar

Il faut partir avant l’aube, autant pour la lumière que pour éviter les groupes qui arrivent en milieu de matinée. Et puis, d’un coup, il n’y a plus rien. Vraiment rien : du blanc au sol, à perte de vue, et le soleil qui monte à l’horizon. L’immensité est totale, le silence aussi.

Au fil de la traversée, on croise les rares repères plantés dans le sel : le monument dédié au rallye Dakar, sculpté dans des blocs, quand la course traversait la Bolivie, et le fameux monument aux drapeaux du monde, où chaque visiteur cherche le sien. Ce sont à peu près les seuls points de repère verticaux sur des dizaines de kilomètres.

L’île Incahuasi et ses cactus géants

Au milieu de cette mer blanche émerge une butte rocheuse : l’île Incahuasi, parfois appelée île du Pêcheur. C’est le vestige d’un ancien volcan, qui s’élève d’environ 150 mètres au-dessus de la croûte de sel, et c’est le seul endroit où la végétation a repris ses droits.

Elle est couverte de cactus géants, dont certains dépassent dix mètres de haut. Le contraste est saisissant : ces silhouettes hérissées, la roche brune, et tout autour le blanc absolu. On grimpe jusqu’au sommet pour la vue, on redescend, et l’on repart sur le sel.

Bon à savoir : l’entrée coûte une trentaine de bolivianos, souvent comprise dans le prix du circuit. Et surtout, l’île est difficilement accessible pendant la saison du miroir : les 4×4 roulent sur la croûte de sel, ce qui devient impossible quand le salar est sous l’eau.

 Coucher de soleil sur le Salar de Uyuni partiellement recouvert d'eau
En Bolivie à salar d ayuni

Effet miroir ou sel craquelé : quand partir ?

C’est la vraie question à se poser avant de réserver, car les deux visages du salar n’ont rien à voir.

  • De janvier à mars, pendant la saison des pluies, une fine pellicule d’eau recouvre le sel et le transforme en miroir géant : le ciel se reflète au sol et l’horizon disparaît. Janvier et février sont les mois les plus fiables. En contrepartie, certaines zones deviennent inaccessibles, dont l’île Incahuasi.
  • De mai à octobre, en saison sèche, le salar est parcouru de motifs polygonaux dessinés par le sel, on accède à tous les sites, et les journées sont dégagées. Les nuits, en revanche, sont glaciales.

Comment aller au Salar de Uyuni

Tout part de la ville d’Uyuni. Depuis La Paz, on peut la rejoindre en avion, en une petite heure, en bus de nuit, ou en train depuis Oruro, ce qui reste l’option la plus pittoresque. Sur place, on ne visite pas le salar seul : on réserve un 4×4 avec chauffeur, en groupe ou en privé.

Le circuit vers le sud Lipez

La plupart des voyageurs enchaînent avec le sud Lipez, et c’est une excellente idée : le salar n’est que le début. Le circuit classique dure trois jours et deux nuits, et permet de découvrir les lagunes d’altitude, la Laguna Colorada et ses flamants roses, les geysers du Sol de Mañana, les sources d’eau chaude où l’on se baigne au lever du jour, et la Laguna Verde, au pied du volcan Licancabur.

Comptez autour de 150 à 200 € pour un circuit partagé de trois jours, transport, repas et nuits en refuge compris. On grimpe alors jusqu’à 4 500 mètres et l’on frôle la frontière chilienne : beaucoup poursuivent d’ailleurs vers San Pedro de Atacama.

Altitude, froid, soleil : ce qu’il faut emporter

  • De la crème solaire à indice élevé et des lunettes de soleil : la réverbération sur le sel est redoutable, et le soleil d’altitude brûle vite.
  • Des vêtements vraiment chauds : il peut faire très froid la nuit, y compris dans les refuges. Prévoyez plusieurs couches.
  • Une lampe frontale, du papier toilette et des lingettes : les refuges sont rudimentaires.
  • Des feuilles de coca à mâcher : c’est le remède local contre le mal d’altitude, largement utilisé sur place.
  • Des batteries de rechange : le froid les vide à toute vitesse. Gardez-les au chaud, contre vous ou dans le sac de couchage.
  • Un maillot de bain : pour les sources chaudes du sud Lipez, aussi surprenant que cela paraisse.

Prenez le temps de vous acclimater avant de monter : arriver directement à 3 658 mètres puis grimper à 4 500 le lendemain se ressent. Maux de tête, nausées et fatigue sont fréquents, mieux vaut ralentir que forcer.

Monument de sel dédié au rallye Dakar au milieu du Salar de Uyuni, en Bolivie
Monument en Bolivie à salar d uyuni

Du sel, et du lithium

Sous cette croûte blanche se cache l’une des plus grandes réserves de lithium de la planète, le métal des batteries. Le salar s’est formé à la suite de l’assèchement d’immenses lacs préhistoriques, il y a des milliers d’années, et son sous-sol concentre aujourd’hui un enjeu économique majeur pour la Bolivie. Une dimension qu’on oublie facilement quand on marche sur cette étendue silencieuse.

Monument aux drapeaux du monde planté dans le sel, au Salar de Uyuni
Des drapeaux à salar d uyuni

Questions fréquentes sur le Salar de Uyuni

Où se trouve le Salar de Uyuni ?

Dans le sud-ouest de la Bolivie, sur l’altiplano, dans le département de Potosí, à 3 658 mètres d’altitude. La ville d’Uyuni est le point de départ des excursions.

Quand voir l’effet miroir ?

Pendant la saison des pluies, de janvier à mars, quand une fine couche d’eau recouvre le sel. Janvier et février sont les mois les plus fiables.

 L'île Incahuasi couverte de cactus géants, entourée par le désert de sel d'Uyuni
L’île Inca Wasi à salar d uyuni

Combien coûte un circuit au Salar de Uyuni ?

Comptez à partir de 150 à 200 € pour un circuit partagé de trois jours incluant le salar et le sud Lipez, avec le 4×4, les repas et les nuits en refuge.

Peut-on visiter le salar seul ?

Ce n’est pas conseillé. On ne s’oriente pas sur une étendue sans repères, et la croûte de sel n’est pas partout stable. Les circuits se font en 4×4 avec un chauffeur qui connaît le terrain.

Faut-il craindre le mal d’altitude ?

Il faut le prendre au sérieux : on est à 3 658 mètres sur le salar et jusqu’à 4 500 mètres dans le sud Lipez. Acclimatez-vous quelques jours avant, buvez beaucoup, et allez-y doucement.

Le Salar de Uyuni est-il classé à l’Unesco ?

Non. C’est une idée répandue, mais le salar n’est pas inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Cactus géants de l'île Incahuasi dominant le Salar de Uyuni
Les cactus à salar d uyuni

Le mot de la pro du voyage

Le Salar de Uyuni fait partie des rares endroits qui ne déçoivent pas, même quand on a vu cent photos avant d’y aller. Mon conseil : choisissez votre saison en fonction de ce que vous voulez vraiment voir, le miroir ou le sel craquelé, car on ne peut pas avoir les deux. Levez-vous avant l’aube, acceptez d’avoir froid, et gardez trois jours pour enchaîner avec le sud Lipez. C’est là, entre les lagunes et les geysers, que le voyage prend toute sa dimension.

Pour en savoir plus :

Road-trip en Bolivie : L'arbre de pierre
Ne pas s’arrêter d’en prendre plein la vue en Bolivie
Road-trip en Bolivie : Dans le sud de Lipez
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