En Argentine, l’avion coûte une fortune. Le bus, lui, coûte une nuit d’hôtel en moins. On a traversé le pays du nord au sud avec un pass à 240 € et un carnet de notes rempli de détails que personne ne nous avait dits. Les voici, dans l’ordre où ils vous seront utiles.
Pourquoi le bus, et pas l’avion
L’Argentine s’étire sur 3 700 km de long. Sur le papier, l’avion semble évident. Dans les faits, les vols intérieurs sont si chers que les Argentins eux-mêmes roulent en bus — et le réseau s’est construit autour de cette habitude.
Rassurez-vous tout de suite : ça n’a rien à voir avec le bus en Inde, physique au sens propre du terme. Ici, ce sont des cars long-courriers tout confort, pensés pour avaler la nuit : sièges inclinables, climatisation, toilettes, télévision, fontaine à café.
Le seul vrai prix à payer, c’est le temps. Beaucoup de temps. Et bizarrement, on s’y fait. Au bout de trois trajets, la fenêtre devient le meilleur écran du voyage.
L’avantage que personne ne calcule : impossible de rater une étape. Les itinéraires passent obligatoirement par les grands sites. Patagonie, Terre de Feu, Iguazú, parcs nationaux : le bus vous y dépose, que vous l’ayez prévu ou non.
Le South Pass : 240 € pour plusieurs trajets
Au moment de préparer notre road-trip en Argentine, nous avions réservé depuis la France avec le South Pass : un forfait multi-trajets qui fait de vraies économies dès qu’on vise les zones reculées — les steppes de la pampa, les grands espaces de Patagonie à perte de vue.
Total pour nous : 240 €.
Astuce d’utilisation : le pass se décompte en trajets, pas en kilomètres. Nous avons décomposé El Calafate – Ushuaïa en 2 trajets sur un pass 3 trajets. À vous de découper intelligemment.
Les gares routières : votre QG dans chaque ville
Chaque ville a sa terminal de ómnibus, presque toujours en centre-ville. Impossible de la rater. Sur place :
- Plusieurs compagnies vendent leurs trajets au guichet, en direct
- Une bagagerie — le détail qui change une journée : vous déposez les sacs et vous partez visiter les mains libres
- Des liaisons internationales vers le Chili, la Bolivie, le Pérou

Et de Salta, la route la plus spectaculaire du nord vous tend les bras : de Salta à la Quebrada de las Conchas, la route rouge qu’on n’oublie pas.
Cama, semi-cama : lequel choisir ?
C’est LE choix qui décide de votre nuit.
| Catégorie | Inclinaison | Pour qui |
|---|---|---|
| Semi-cama | Partielle | Trajets de jour, petits budgets |
| Cama | Quasi-couchette, sièges larges | Trajets de nuit, dos fragiles |
Nous avons opté pour la cama — cama veut dire couchette. C’est plus cher, mais les sièges s’inclinent vraiment et les places sont bien plus larges. On dort. Pour de vrai.
Le calcul à faire : un bus de nuit, c’est un trajet plus une nuit d’hôtel économisée. La cama devient souvent l’option la moins chère des deux.
9 conseils qu’on aurait aimé lire avant de monter
- Gardez le coupon de bagage. On vous le remet en échange de vos sacs en soute. Le perdre transforme le périple en cauchemar.
- Ayez des petites coupures. La personne qui charge votre sac vit des pourboires (à l’ajout et au retrait) et ne rendra jamais la monnaie sur un gros billet.
- Arrivez 20 minutes avant. Les places sont numérotées, inutile de camper. Mais ici, on ne rattrape pas les retardataires : on part à l’heure indiquée.
- Prévoyez à manger. Les arrêts sont rares et on ne descend pas dans les villes étapes. Des plateaux repas circulent, mais ils sont ultra légers. Sandwichs obligatoires.
- Pas de produits frais si vous passez par le Chili. Les contrôles frontaliers ne rigolent pas.
- Papier toilette. Il y a des toilettes à bord — allez-y en début de trajet, l’état en fin de parcours est… discutable.
- De quoi vous couvrir. La clim tourne non-stop. Manteau ou petite couette à portée de main, sinon angine garantie au réveil.
- De quoi vous occuper. Le wifi existe, mais en bas débit et pas toujours accessible. Un bon roman fait mieux le travail.
- Acceptez le retard. 30 minutes à 1 heure, très régulièrement. Ne calez jamais un vol juste après une arrivée de bus.
Faut-il réserver à l’avance ?
Hors destinations très touristiques et hors vacances scolaires argentines, non : on trouve sa place au guichet le jour même. Mais réserver en amont fait souvent baisser le prix du billet — jusqu’à 50 % sur certains trajets.
Ce que le bus vous fait traverser
C’est là que le calcul temps/argent bascule. Entre deux étapes, vous voyez défiler la cordillère des Andes enneigée, les hauts plateaux de Patagonie, la route du vin argentin, une nature sauvage qui ne s’arrête jamais.

Nos étapes préférées, atteintes en bus :
- 🧊 El Calafate — descendre du bus et voir le Perito Moreno le lendemain matin
- 🏔️ Ushuaïa — la ville du bout du monde, au terminus de la Terre de Feu
- 🌵 Talampaya — les falaises rouges qui font passer l’Ouest américain pour une maquette
- 🎨 Salta la Linda — la plus belle base du nord argentin
- 🇧🇴 Le Salar d’Uyuni, en Bolivie — la suite logique du voyage, accessible en bus depuis le nord
Et pour la vue d’ensemble : notre road-trip complet en Argentine, étape par étape.
FAQ — Voyager en bus en Argentine
Le bus est-il sûr en Argentine ?
Oui. Les compagnies longue distance sont professionnelles, les bagages sont étiquetés et les terminaux surveillés. Gardez simplement vos objets de valeur en cabine, avec vous.
Combien de temps dure un trajet type ?
Comptez 12 à 20 h pour les grandes liaisons (Buenos Aires – Bariloche, El Calafate – Ushuaïa). Le bus de nuit est fait pour ça.
Y a-t-il le wifi à bord ?
Généralement oui, mais en bas débit et par intermittence. Téléchargez vos films avant.
Peut-on rejoindre le Chili, la Bolivie ou le Pérou en bus ?
Oui, depuis la plupart des grandes gares routières. Prévoyez du temps pour les formalités à la frontière — et pas de produits frais dans le sac.
Vaut-il mieux payer la cama ?
Sur un trajet de nuit, oui : le surcoût est largement compensé par la nuit d’hôtel économisée et par le fait d’arriver reposé.

Laisser un commentaire