Faire un tour du monde en Amérique du Sud, quatre mois sac au dos

copacabana et le lac titicaca
Un diplôme de journalisme en poche. Un sac trop lourd. Aucune réservation. Et un continent entier devant soi.
Faire un tour du monde : l'Amérique du Sud en vue
Faire un tour du monde : l’Amérique du Sud en vue

Certains rêvent d’un CDI après leurs études. Moi, je rêvais d’une carte du monde.

Je sortais de l’école de journalisme avec une seule obsession. Partir voir comment tournait le reste de la planète.

Le hasard a décidé du point de départ. Mon compagnon de l’époque travaillait en Guyane. Une rédaction d’outre-mer me tendait les bras.

J’ai donc atterri à Cayenne. Sans savoir que ce serait la première page d’un long carnet.

Cayenne, le camp de base que je n’avais pas choisi

La chaleur m’a sauté au visage dès la passerelle. Je me demandais sincèrement ce que je faisais là.

Mais j’étais en Amérique du Sud. Pour moi, c’était déjà tout un symbole.

Très vite, je travaille pour la télévision locale, RFO. J’emménage en colocation avec trois garçons. L’ambiance était garantie, parfois un peu musclée.

Je garde un souvenir intact. Ma première nuit en carbet, en pleine forêt amazonienne.

Au lever du jour, les singes hurleurs m’ont réveillée en sursaut. Ce cri-là, on ne l’oublie jamais.

Ma vie guyanaise a aussi eu ses moments de grâce. Comme ce lancement de fusée à Kourou, vu de près.

Un plan tracé sur une serviette en papier

Au bout de quelques mois, l’envie de bouger est devenue irrésistible.

Une amie, Marie, vivait aussi sur place. Un soir, autour d’un verre de rhum, le pari est lancé.

Nous dessinons notre parcours sur un bout de papier. Sans date de retour.

Les papiers, le budget, la sécurité ? Des détails, pensions-nous. Nous avions des pieds, une langue et un culot immense.

Nous sommes parties sans demander l’avis de personne. Avec un sac à dos rempli à ras bord.

Avec le recul, je le regrette un peu. Préparez votre voyage. Les imprévus arriveront de toute façon, inutile de les multiplier.

Pour le sac, je vous conseille aujourd’hui l’inverse de ce que j’ai fait. Relisez nos astuces pour faire sa valise comme une pro avant de partir.

L’Amazonie à pied jusqu’au Brésil

Première étape, Saint-Georges-de-l’Oyapock. La frontière brésilienne, hors des sentiers battus.

À l’époque, le grand pont entre la Guyane et le Brésil n’existait pas encore.

Nous avons marché. Beaucoup. Nous avons écarté des branches et avalé les kilomètres.

Au bout du chemin, un village au fin fond de l’Amazonie. Nous y sommes restées environ trois semaines.

Tout nous était étranger. Les habitants ne portaient presque rien. La nourriture était simple. La langue, impossible à saisir.

Mais leurs regards débordaient de douceur. Je n’ai jamais oublié cette bienveillance.

La Patagonie argentine, et la cuisine de Sofia

Ensuite, cap sur Buenos Aires. En taxi-brousse et en vans à bout de souffle.

Puis la Patagonie s’est ouverte à nous. Des paysages désertiques à couper le souffle.

J’ai pleuré devant certains panoramas. La beauté, la fatigue aussi, sans doute.

Des kilomètres sans croiser une ombre humaine. Un vent qui glace les oreilles. Des glaciers à perte de vue.

Et toujours, au bord de l’épuisement, une hacienda qui surgit à l’horizon.

Un soir, Manolo, un fermier, nous ouvre sa porte. Sa femme Sofia nous sert une tranche de bœuf.

Le meilleur steak de ma vie. Il faut dire qu’on aurait mangé n’importe quoi.

Si l’Argentine vous appelle, notre road trip en Argentine jusqu’à Ushuaïa vous attend.

Une traversée avec des marins un peu trop joyeux

Nous voyagions avec le Routard dans les poches et avec quelques conseils glanés en chemin. Nous avons pris des risques idiots.

Un jour, nous montons sur un bateau de pêcheurs péruviens. Direction le Cap Horn.

Pas d’argent, donc nous misions tout sur le culot.

À bord, l’équipage était ivre et franchement insistant. Nous avons dormi enfermées, un couteau sous l’oreiller.

Je ne vous le recommande pas. Vraiment pas.

Pleurer devant la Patagonie chilienne

Au Chili, tout recommence. La marche, les paysages, l’ivresse de l’altitude.

Nous voulions toujours aller plus haut. Pour la photo de plus, celle qui changerait tout.

Nous rêvions de vendre nos reportages en rentrant. Un jour, peut-être.

Nous courions les lacs et les glaciers, certains déjà fragiles.

J’ai vu beaucoup de beaux endroits depuis. La Patagonie chilienne reste une merveille absolue.

L’air était vif. Parfois, le soleil perçait l’épaisse couche de nuages. Et là, la magie opérait.

Santiago, sans passeport ni carte bancaire

À Santiago, la vie était plus chère. Nous évitions les grandes villes pour cette raison.

Nous avions trouvé un hôtel miteux près de la gare routière.

Et là, catastrophe. Portefeuilles perdus, ou volés. Plus de passeport, plus de papiers, plus de moyen de paiement.

Le soir, nous pleurions sur nos lits. Le matin, nous repartions régler les problèmes, la rage au ventre.

Le personnel du consulat de France a été formidable. Quelques jours plus tard, nos papiers étaient refaits.

Aujourd’hui, je ne pars plus sans une assurance voyage digne de ce nom. Leçon apprise.

Le bus pour Lima, puis le Machu Picchu à pied

Nous quittons Santiago folles de joie. Direction le Pérou.

Le bus était pourri de chez pourri. Pas de suspensions. Des sièges sans rembourrage.

À chaque virage, nous pensions mourir. Mais les passagers étaient adorables.

On bavardait, on chantait, on dansait parfois. Nos trois mots d’espagnol les faisaient sourire.

Lima dépassait notre budget. Nous filons vers la Vallée sacrée, en auberge de jeunesse.

Puis l’ascension vers Cuzco et le Machu Picchu, par la montagne. Trente kilomètres par jour.

Des dénivelés déments. Des décors enchanteurs. Et des pieds en lambeaux.

Les ampoules brûlent, puis s’infectent. La trousse de secours est vide depuis longtemps.

Chaque pas, vous imaginez le pire. Mais s’arrêter en altitude, c’est risquer d’avoir très froid.

Alors vous avancez. Et soudain, le voilà.

Le paysage d’une vieille carte postale, gardée depuis l’enfance dans ma poche comme un totem.

J’ai pleuré, évidemment. Je suis revenue en 2014, dans de bien meilleures conditions.

La Bolivie, et le silence entre deux amies

Dernière étape, la Bolivie. De là, un avion devait nous ramener à Cayenne.

Ses déserts et ses lagunes restent parmi mes paysages préférés au monde.

Avec Marie, nous marchions parfois des heures sans un mot. À quelques mètres l’une de l’autre. Sereines.

À d’autres moments, des fous rires éclataient sans prévenir.

Nous ne nous sommes jamais disputées. Unies dans l’adversité.

Marie ne se fatiguait jamais. Moi, les trente ou quarante kilomètres quotidiens me faisaient souffrir.

Beaucoup au début. Moins à la fin. Le corps s’adapte, c’est fascinant.

Ce que ces quatre mois m’ont appris

Nous avons terminé éreintées, mais heureuses.

Pas d’horloge. On suivait le soleil pour deviner l’heure. On devenait débrouillardes par nécessité.

J’ai découvert une force que je ne soupçonnais pas. Personne ne me dira que j’en manque.

Quatre mois en Amérique du Sud. Une étape majeure de mon tour du monde.

Dormir où, sans rien réserver ?

On me pose souvent la question. Je vous réponds honnêtement, ma façon de voyager a beaucoup changé.

À l’époque, peu de voyageurs faisaient ce type de périple. Trouver un lit semblait facile.

En pratique, c’était notre première quête à chaque arrivée.

Un soir en Patagonie, l’hôtel indiqué reste introuvable. On demande à un habitant.

Il éclate de rire. « No está aquí ! Encore douze kilomètres ! »

J’ai eu envie de lui arracher sa barbe, poil par poil.

Pas un sou pour un taxi. Seulement nos pieds.

Parfois, l’hacienda du guide avait fermé depuis longtemps. Notre monde s’écroulait.

Avec Marie, nous avions une règle. Interdit de ressasser les mauvais souvenirs.

Aujourd’hui, je réserve. Et je savoure un certain confort. Ma définition personnelle du voyage de luxe est née aussi de ces nuits-là.

La suite du tour du monde

Après neuf mois à Cayenne, la chaîne m’envoie en Nouvelle-Calédonie. Un autre bout du monde.

La suite se lit ici, avec la Nouvelle-Calédonie, puis La Réunion.

Sans oublier l’escale la plus glaciale de la série, Saint-Pierre-et-Miquelon.

Vos questions sur un voyage en Amérique du Sud

Quel itinéraire pour l’Amérique du Sud en trois mois ?

Trois mois, c’est court pour un continent aussi vaste. Il faudra choisir.

Le bus argentin est efficace, mais très lent. Prévoyez quelques vols intérieurs.

Cela alourdit le budget, mais vous fait gagner des jours précieux.

Mon trio pour en prendre plein les yeux ? Le Brésil, l’Argentine et le Chili.

Quels pays visiter en Amérique du Sud ?

Pour un premier voyage, le Brésil, l’Argentine, le Chili et le Pérou s’imposent.

La Bolivie mérite pourtant le détour. Ses paysages sont hallucinants.

La Guyane aussi a son charme. Retrouver le pain français après des mois de route, quel luxe.

J’aime m’offrir ce genre de pause familière pendant un long voyage.

Quel pays d’Amérique du Sud choisir ?

Tout dépend de vos envies. Et de votre forme physique.

J’ai adoré l’Argentine et sa Patagonie grandiose. Le Chili est sublime, mais exigeant.

Sur un long voyage, la fatigue compte. Apprenez à la gérer.

Et protégez vos moyens de paiement. Sans carte bancaire, le voyage devient vite un calvaire.

Quels sont les pays les plus chers en Amérique du Sud ?

Le continent reste abordable, surtout hors des capitales.

La Guyane française et le Chili comptent parmi les destinations les plus chères.

Le Pérou et la Bolivie restent plus doux pour le budget.

Quels sont les pays les plus sûrs en Amérique du Sud ?

Seule ou entre filles, évitez les quartiers réputés sensibles. Surtout la nuit.

Au Brésil, ne visitez pas les favelas sans guide local.

J’ai toujours trouvé le Pérou accueillant. Certains quartiers restent à éviter après la tombée du jour.

En Argentine, le vol à l’arraché est fréquent. Laissez vos bijoux à la maison.

Au Chili, méfiez-vous des pickpockets. Nous n’avons rien vu, rien senti.

Scannez passeport et papiers importants. Gardez-en une copie dans une messagerie sécurisée.

Ma mère avait dû m’envoyer en urgence un document oublié. Elle s’était inquiétée pour rien.

Avant de partir, consultez toujours les conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères. La situation évolue vite.

Le mot de la pro du voyage

L’Amérique du Sud ne pardonne pas l’improvisation totale. Je l’ai appris à mes dépens.

Ce que beaucoup oublient ? Le temps. Les distances sont immenses. On sous-estime toujours les trajets.

On veut tout voir en trois mois. On finit épuisée, à courir d’un bus à l’autre.

Choisissez moins de pays. Restez plus longtemps. C’est là que naissent les vrais souvenirs.

Au Club Jet-Lag, je partage mes itinéraires testés et mes adresses sûres. Pour partir libre, mais pas à l’aveugle.

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