Passer la nuit aux commandes d’un Boeing 747, avec les tableaux de bord au-dessus de la tête et la piste derrière la verrière : ce n’est pas une blague, cela se fait à l’entrée de l’aéroport d’Arlanda, près de Stockholm. Voici à quoi ressemble vraiment une nuit dans un avion transformé en hôtel, combien cela coûte en 2026, et pour qui c’est une bonne idée.

À la première lecture, on reste dubitatif. Pourtant, j’ai bien dormi dans le cockpit d’un 747, posé pour de bon à quelques minutes des comptoirs d’enregistrement. C’est probablement l’hôtel le plus dingue que je connaisse, et pourtant, les hébergements insolites, j’adore ça.
Le Jumbo Stay en bref
- Où : à l’entrée de l’aéroport d’Arlanda, à Stockholm, en Suède
- Quoi : un vrai Boeing 747 transformé en hôtel, posé au sol
- Combien de chambres : 33 aujourd’hui, contre 27 lors de mon séjour
- La suite cockpit : environ 3 300 couronnes suédoises, soit près de 300 €, petit-déjeuner compris
- Le plus économique : des lits en dortoir à partir de quelques centaines de couronnes
- Pratique : navette gratuite vers les terminaux
Un Boeing 747 transformé en hôtel
L’avion ne vole plus. Il a été installé à l’entrée de l’aéroport, sur ses roues, et entièrement réaménagé : les rangées de sièges ont laissé place à des chambres, le couloir central dessert les cabines, et l’on grimpe à bord par une passerelle, exactement comme pour un embarquement.
Le principe est simple : vous choisissez votre partie de l’appareil. Il y a des cabines réparties dans le fuselage, des chambres dans la queue, et la fameuse suite cockpit, tout à l’avant, à l’étage. Certaines chambres disposent de leur propre salle d’eau, les plus économiques partagent les sanitaires du couloir. Une chose à vérifier au moment de réserver, car cela change le confort.
Ma nuit dans le cockpit
J’ai eu la chance de tester le cockpit, et je peux vous garantir une chose : vous aurez envie d’appuyer sur tous les boutons. Le lit est installé à la place des sièges des pilotes, face à la verrière, avec les tableaux de bord au-dessus de la tête et une vue directe sur les pistes.
C’est étroit, il ne faut pas s’attendre à une suite de palace : on circule à peine autour du lit, et l’espace de rangement est réduit au minimum. Mais l’effet est saisissant, surtout la nuit, quand les lumières de l’aéroport clignotent derrière les vitres. On s’endort avec le sentiment d’être aux commandes, sans jamais décoller.
Ce qu’il faut savoir avant de réserver
- Le bruit : vous dormez à côté des pistes. Les avions atterrissent régulièrement, et même si l’isolation fait son travail, les dormeurs les plus sensibles devraient prévoir des bouchons d’oreilles.
- L’espace : les cabines sont petites, le cockpit encore plus. C’est le prix de l’authenticité.
- Les sanitaires : privés dans les suites, partagés dans les cabines les moins chères.
- L’escalier : on accède au cockpit par un escalier étroit, à garder en tête si vous voyagez avec de grosses valises.
- La réservation : il n’y a qu’une seule suite cockpit dans tout l’avion. Elle part vite, surtout le week-end.
Combien ça coûte en 2026
La suite cockpit se loue autour de 3 300 couronnes suédoises la nuit, soit un peu moins de 300 €, petit-déjeuner inclus, pour deux personnes. À l’autre bout de l’échelle, un lit en chambre partagée revient à quelques centaines de couronnes, petit-déjeuner en supplément. Entre les deux, les cabines doubles du fuselage offrent un bon compromis.
Pour comparaison, lors de mon séjour en 2017, le cockpit coûtait 365 € et la chambre de la queue de l’appareil, la « Blackbox », 210 €. Les tarifs et les catégories ont changé depuis, vérifiez-les au moment de réserver.
Pour qui c’est une bonne idée
- Pour une escale : c’est l’argument le plus concret. Vous êtes à quelques minutes des terminaux, avec une navette gratuite, ce qui est idéal quand on a un vol très tôt le matin.
- Pour les passionnés d’aviation : inutile d’argumenter, vous savez déjà que vous allez adorer.
- Pour une nuit insolite à deux : à condition d’aimer les espaces réduits et d’y voir un jeu plutôt qu’un hôtel romantique classique.
- En famille : les enfants adorent, mais pensez à réserver assez tôt, car les chambres familiales sont peu nombreuses.
Ailleurs dans le monde : d’autres avions transformés en hôtels
Le Jumbo Stay n’est pas le seul appareil reconverti en hébergement.
- Au Costa Rica, l’hôtel Costa Verde, près du parc national Manuel Antonio, a hissé un Boeing 727 ayant volé pour Avianca dans la canopée : la suite occupe tout le fuselage, avec deux chambres et un balcon face à la forêt. Sur place, un ancien Fairchild C-123 sert de restaurant, et d’autres appareils ont été transformés en logements.
- Aux Pays-Bas, à l’aéroport de Teuge, un Iliouchine 18 des années 1960, ancien avion officiel est-allemand, a été transformé en suite unique avec cockpit conservé, sauna et bain à remous. Comptez plusieurs centaines d’euros la nuit.
Questions fréquentes
Peut-on vraiment dormir dans le cockpit d’un avion ?
Oui. Au Jumbo Stay, près de l’aéroport d’Arlanda à Stockholm, le cockpit d’un Boeing 747 a été transformé en suite, avec un lit installé face à la verrière et les instruments de vol conservés.
Combien coûte une nuit au Jumbo Stay ?
Environ 3 300 couronnes suédoises pour la suite cockpit, soit un peu moins de 300 €, petit-déjeuner compris. Les lits en chambre partagée coûtent bien moins cher.
L’avion vole-t-il encore ?
Non. L’appareil est posé au sol, à l’entrée de l’aéroport, et ne décollera plus. C’est un hôtel à part entière.
Est-ce bruyant de dormir près des pistes ?
On entend les avions, forcément. L’isolation limite le bruit, mais si vous avez le sommeil léger, prévoyez des bouchons d’oreilles.
Y a-t-il une salle de bains dans les chambres ?
Cela dépend de la catégorie : les suites, dont le cockpit, disposent de leur propre salle d’eau, tandis que les cabines les plus économiques partagent les sanitaires du couloir.
Comment rejoindre le Jumbo Stay depuis les terminaux ?
Une navette gratuite relie l’hôtel aux terminaux de l’aéroport, en quelques minutes seulement.
Le mot de la pro du voyage
Soyons honnêtes : on ne vient pas ici pour le confort, on vient pour l’expérience. Le cockpit est étroit, les pistes sont bruyantes, et pourtant je n’ai jamais oublié cette nuit-là. Mon conseil : réservez-le pour une escale, la veille d’un vol matinal, plutôt qu’au milieu d’un séjour à Stockholm. Vous transformerez la nuit la plus pénible d’un voyage, celle qui précède un départ à l’aube, en meilleur souvenir du séjour.
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