Adèle Exarchopoulos : carnet d’une fille qui court le monde

Article paru dans le Jet-lag Magazine n°2, en été 2018. Les adresses, les tarifs et les liens cités datent de cette parution.

Elle dit “wesh” en Chanel, elle lit des Vogue dans les palaces et dort parfois dans des auberges en forêt. Adèle Exarchopoulos, c’est ce paradoxe ambulant qui attire les regards mais préfère observer. Sur les tournages, elle campe des femmes à vif. En dehors, elle prend des notes sur des papiers volants. Voici son carnet de route. En vrai. Sans retouches. Et si Adèle Exarchopoulos tenait un carnet de route ? Voici ce qu’on a imaginé.

Escale #1 : Fort-de-France, en tournage et en tongs

“J’avais besoin de chaleur. De moiteur. De foutre mon portable à la mer”, confie la célèbre actrice lors du tournage d’un film indépendant sur la mémoire coloniale. Elle loge dans un hôtel simple, face au marché.“Tous les matins, je buvais un café avec les anciens. J’écoutais leurs histoires comme des chansons cassées”, confie-t-elle. Son luxe ? Des accras achetés à une mamie dans la rue.“Je les ai mangés dans ma chambre d’hôtel avec une Leffe tiède. J’ai jamais été aussi bien.”

Escale #2 : Montréal

Dans un février polaire, l’actrice raconte les scripts qu’elle a dû apprendre : “Montréal, c’est la ville qui m’a mise à nu.” Elle y tourne une série pour une plateforme US avec un rythme militaire malgré une équipe bilingue et les -20°C au compteur. “Je portais trois collants sous mon jean. Je parlais anglais avec l’accent de Bagnolet. J’étais en apnée.”, confie celle qui a un fort caractère. Son refuge ? Un café-pâtisserie dans le Mile-End où elle écrivait ses scènes sur des serviettes en papier. “J’ai gardé une phrase : “Je te regarde comme on regarde une maison qui brûle.” Elle m’a hantée.”

Escale #3 : Naples, break sous tension

“Naples, c’est mon chaos préféré.”Un voyage sans agent, sans plan, sans maquillage.“J’ai pris une pizza au hasard. Un Airbnb qui sentait la lessive. J’ai dormi douze heures par nuit.

J’ai lu Elsa Triolet.” Son kiff ? Se perdre.“Je suis tombée sur un salon de coiffure où un vieux monsieur m’a fait un brushing comme en 1987. J’ai pleuré de rire en sortant.”

Escale #4 : Tel Aviv, entre mer salée et nuits sans sommeil

“Tel Aviv, c’est un peu comme moi : Excessive, bancale, solaire.” Pas de tournage cette fois. Juste un besoin d’air. Elle débarque un soir de janvier, sans prévenir personne.“J’ai pris un billet le lundi soir. Le mardi, j’étais sur une plage de sable fin avec des pigeons qui piquaient mes chips.” Elle loge dans un hôtel arty à Florentin, un ancien garage retapé avec du béton ciré et des rideaux transparents.

Jet-lag Magazine n°2 — été 2018

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