Je peux vous l’avouer : je n’ai jamais eu aussi chaud de ma vie. Une chaleur épaisse et lourde vous tombe dessus dès que vous débarquez à Santarém. Il faut dire qu’on est à environ deux degrés au sud de l’équateur. L’air est chaud quand on respire, on a l’impression d’être un pot de colle ambulant, et on finit par rêver de glaces fondantes et de climatisation. C’est devenu un réflexe : à chaque fois que j’entre quelque part, je vérifie la température.
Santarém en bref
- Où : dans l’État du Pará, à la confluence du Tapajós et de l’Amazone
- Combien d’habitants : environ 306 000
- Y aller : en bateau depuis Belém, 2 à 3 jours, ou en avion
- À voir : la rencontre des eaux, le marché, la cathédrale et le vieux port
- Autour : Alter do Chão à 37 km et la forêt nationale du Tapajós
- Saison : plages de sable d’août à décembre, hautes eaux de février à juin
Débarquer à Santarém
Après deux jours de fleuve, on sent tout de suite la différence. Ici, la climatisation est vitale, mais peu d’endroits en sont équipés, à cause du coût. Le plus souvent, ce sont de vieux ventilateurs qui tournent à fond, un peu par l’opération du Saint-Esprit. Je suis épuisée. Morte, claquée. En débarquant, je n’espère qu’une chose : un coin de verdure où m’allonger et dormir au frais.
Heureusement, j’aperçois la terrasse d’un café sur les docks. Enfin, « café » est un grand mot pour ce qui fait office de bar. Tant pis. Je m’assois et commande un cocktail de fruits frais avec des glaçons. Avec mon teint viré au rouge écarlate, je fais rire les Brésiliens attablés autour. C’est une constante de ce voyage : ici, les gens sont protecteurs, chaleureux, et dotés d’une joie de vivre indescriptible.

La ville sous les eaux : j’y étais en pleine crue
Ce qui m’a le plus frappée, c’est l’eau partout. J’y étais fin mars, en pleine saison des hautes eaux. Le fleuve monte alors de plusieurs mètres, la forêt se retrouve les pieds dans l’eau et certaines rues commerçantes du bord du fleuve sont inondées : on y circule sur des passerelles en bois montées pour l’occasion, entre les boutiques restées ouvertes.
C’est spectaculaire, mais c’est aussi ce qui explique qu’il n’y ait, à première vue, pas grand-chose à visiter. Si vous venez pour les fameuses plages de sable blanc de la région, il faut venir à l’autre saison, quand les eaux se retirent.
Ce qu’il y a à voir en ville
Santarém n’est pas une ville-musée, et c’est très bien ainsi. On y trouve la cathédrale et ses deux clochers turquoise, qui dominent le port, une place avec sa statue, quelques rues commerçantes pour rapporter deux ou trois souvenirs, et de belles traces d’architecture coloniale.
Le lieu le plus vivant reste le marché, le Mercado Modelo, où l’on vient acheter les fruits amazoniens, les poissons du fleuve, les épices et l’artisanat, et où l’on mange du poisson grillé pour presque rien. Le vieux port, lui, est un spectacle permanent : les bateaux blancs à deux ou trois ponts s’alignent devant la ville, on charge, on décharge, on part.

La rencontre des eaux
C’est la grande curiosité de Santarém, et elle vaut le détour. Devant la ville, les eaux claires et bleutées du Tapajós rejoignent les eaux ocre de l’Amazone, et les deux coulent côte à côte sur des kilomètres sans se mélanger, à cause de leurs différences de température, de densité et de vitesse. On l’aperçoit déjà depuis le pont du bateau, et des excursions permettent d’aller voir la ligne de plus près.
Alter do Chão, les « Caraïbes de l’Amazonie »
À 37 kilomètres de Santarém, soit une petite heure de route, le village d’Alter do Chão et ses 6 700 habitants sont devenus la grande attraction de la région. Quand le niveau du Tapajós baisse, d’immenses bancs de sable blanc apparaissent au bord d’une eau turquoise et tiède : des plages d’eau douce qui ont valu au lieu le surnom de Caraïbes amazoniennes.
Attention à la saison : ces plages n’existent qu’à la décrue, grosso modo d’août à décembre. De février à juin, elles sont sous l’eau. Si Alter do Chão est votre motivation principale, calez votre voyage en conséquence.
La forêt nationale du Tapajós
Pour voir la grande forêt, direction la Floresta Nacional do Tapajós, au sud de la ville. On y marche au pied d’arbres géants, on y découvre les usages des plantes, et l’on peut visiter des communautés riveraines qui vivent de l’extraction durable. Comptez une excursion à la journée, de l’ordre de six à sept heures avec le trajet. C’était mon projet, ce jour-là, mais la chaleur a eu raison de moi : j’ai renoncé et remis ça au lendemain.
À 18 h, la ville reprend vie
Il faut attendre la fin de l’après-midi pour que tout se remette en marche. Le soleil se couche, la chaleur retombe, et la vie reprend ses droits. Où que vous passiez, vous entendrez de la musique, de la bossa la plupart du temps. Ici, c’est presque une religion. Il n’y a plus qu’à s’asseoir en terrasse et boire un verre, ou deux, pour se mettre dans l’ambiance.
Où dormir et infos pratiques
- Dormir : après deux nuits de bateau sans fermer l’œil, j’avais réservé une chambre en ville, propre, climatisée, avec wifi et vue sur le fleuve, pour 90 reais la nuit en 2017. Il n’y avait pas d’eau chaude et le petit-déjeuner était correct sans plus. Les tarifs ont changé depuis, mais l’offre d’hôtels simples et corrects reste la même.
- En bateau : les bateaux de ligne relient Belém à Santarém en deux à trois jours, avec des départs le mercredi et le samedi, et repartent vers Belém le lundi et le vendredi. Le billet en hamac est le moins cher, mais le hamac et les repas sont à votre charge. Santarém est aussi une escale sur la ligne Belém-Manaus.
- En avion : l’aéroport de Santarém est relié à Belém, Manaus et Brasília. C’est la solution si vous manquez de temps.
- Santé : vérifiez votre vaccination contre la fièvre jaune, recommandée dans toute la région, et prévoyez un bon répulsif anti-moustiques. Le soir, je m’aspergeais de la tête aux pieds avant de dormir.
- Chaleur : prévoyez de sortir tôt le matin et en fin de journée, et de vous reposer aux heures les plus chaudes. Ce n’est pas de la paresse, c’est du bon sens.

Questions fréquentes sur Santarém
Où se trouve Santarém au Brésil ?
Dans l’État du Pará, en Amazonie brésilienne, à la confluence du Tapajós et de l’Amazone, à mi-chemin entre Belém et Manaus.
Combien de temps dure le bateau entre Belém et Santarém ?
Comptez deux à trois jours selon le bateau et les conditions, un peu moins dans le sens Santarém-Belém. Les départs ont lieu à jours fixes, plusieurs fois par semaine.
Quand voir les plages d’Alter do Chão ?
Quand les eaux baissent, environ d’août à décembre. De février à juin, les bancs de sable sont recouverts par la crue.
Que faire à Santarém ?
Voir la rencontre des eaux, flâner au marché et sur le vieux port, découvrir la cathédrale, puis partir vers Alter do Chão et la forêt nationale du Tapajós.
Faut-il un vaccin pour aller à Santarém ?
La vaccination contre la fièvre jaune est recommandée pour cette région d’Amazonie, au moins dix jours avant l’arrivée. Prévoyez aussi de quoi vous protéger des moustiques.
Fait-il toujours aussi chaud à Santarém ?
Oui, il fait chaud et humide toute l’année, la ville étant à deux degrés de l’équateur. Ce qui change, c’est le niveau du fleuve : hautes eaux de février à juin, décrue et plages de sable d’août à décembre.
Le mot de la pro du voyage
Santarém n’est pas une destination en soi, c’est une respiration entre deux longues journées de bateau, et c’est précisément ce qui la rend précieuse. Mon conseil : offrez-vous une vraie nuit d’hôtel avec climatisation, dormez l’après-midi sans culpabiliser, et gardez votre énergie pour la fin de journée, quand la ville s’anime. Et si vous pouvez choisir vos dates, venez à la décrue : vous aurez la même escale, avec les plages d’Alter do Chão en prime.

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