Article paru dans le Jet-lag Magazine n°4, en mars 2016. Les adresses, les tarifs et les liens cités datent de cette parution.
Quand le repas prend la forme d’un cerémonial, on a tendance à se crisper. Comment détecter ces moments charnière où il ne faudra pas rater le coche ? Même si les repas d’affaire ont tendance à diminuer, cela reste néanmoins un rendez-vous incontournable dans le milieu des affaires mondial. Petit tour du monde des tendances repas…
Regard chinois en chine, à chaque repas, on entendra plusieurs fois résonner un mot « Ganbei ». Ce mot signifie boire cul sec ou santé selon les cas. Le ganbei peut paraitre un peu folklorique. Pourtant, il est un signe de respect pour son interlocuteur Regard Brésilien au Brésil, il est acceptable d'avoir quelques minutes de retard à un rendez-vous. Soyez quand-même prudentes, car ce n'est pas le cas dans certaines régions, comme Sao Paulo ou Brasilia. Les dîners d'affaires sont souvent très informels et commencent avec des discussions légères. Le foot, la famille et les enfants sont d'excellents sujets de conversation. Évitez les sujets trop sérieux comme la politique, la religion ou les problèmes du Le rituel du repas d’affaire ne marcherait plus comme ce fut le cas, jadis. Une forme d’art de vivre à la française qui disparait progressivement. Dans la course contre la montre qui caractérise le monde du travail, le temps est devenu une denrée si précieuse qu'il ne faut plus en perdre une miette…
Brésil. Ne parlez jamais d'affaires avant que vos collègues brésiliens aient mis le sujet sur le tapis ! Ne vous vexez pas si quelqu'un vous coupe la parole : l'interruption est très courante au Brésil, et indique de l'intérêt et de l'enthousiasme. Le contact physique, comme toucher le bras ou le dos de quelqu'un, est aussi très habituel, il ne faut donc pas faire de mouvement de recul pour vous libérer.
Les 6 principes du repas d’affaire
Ne pas choisir un restaurant en bas de chez soi : à moins que vous n’invitiez votre copain d’openspace, il y a de grandes chances que votre invité ne soit pas dans le même quartier. Autrement dit, ne soyez pas fainéant. Choisissez un restaurant neutre, tant sur la qualité que sur la distance.
Ne pas être en retard : que l’on soit la puissance invitante ou invitée, tout retard sera très mal perçu par l’interlocuteur. Si vous invitez, débrouillez-vous pour arriver en premier. Cela pourrait vous coûter votre contrat ou le partenariat dont vous rêvez.. Néanmoins, si vous savez que vous allez être en retard, passez un petit coup de téléphone, juste pour les rassurer. Le temps est compté quand on dirige une entreprise, non ?
Ne pas choisir les plats pour tout le monde. Évidemment, évitez de passer commande pour vos convives, cela ferait mauvais effet. Évitez les commentaires sur l’aspect monétaire surtout si c’est vous qui invitez. En plus, votre client pourrait croire que vous êtes au bord de la cessation de paiements. Pas terrible donc pour les affaires si vous voulez établir un partenariat de long terme.
Ne choisir le vin uniquement si on invite : evitez d’imposer à votre convive ce que vous voulez boire. Qui plus est, un seul verre suffira pour le repas. Tentez de cacher votre alcoolisme rampant même si vous aimez un bon Bordeaux. Ça vaut mieux pour tout le monde. Le rituel du verre qui tourne avec la dégustation bruyante est également à proscrire ici. A moins évidemment que vos prospects soient des professionnels du vin.
Éviter les plats en sauce pour ne pas se tacher ! Car c’est tout sauf stylé de se retrouver avec une tache sur votre chemise toute blanche. Par conséquent évitez les plats en sauce mais aussi les spaghettis. Bien sûr, on évitera d’accrocher sa serviette autour du cou, cela ne ferait pas très sérieux. Par ailleurs, évitez d’avaler tout le pain et votre verre de vin dans les dix premières minutes même si vous crevez de faim. Apprenez à vous contrôler.
Éviter également de prendre des notes. Le déjeuner de travail n’est pas une extension de votre salle de réunion. Et puis, faire une pause pour le repas de midi est très bon pour votre créativité. Lancez une conversation et c’est parti !
J.R
En France, le déjeuner d’affaires dit à la française n’a vraiment plus la cote. Oubliez ces repas qui durent des plombes, aujourd’hui, on grignote autour d’un plateau et en plus c’est chic et tendance.

Avouez qu’il est bien loin le temps où l’on sortait en milieu d’après-midi du restaurant après une entrée, un bon plat en sauce et un dessert, le tout accompagné d’une bouteille de vin, voire même pour les plus courageux d’un digestif en guise de conclusion.
Aujourd’hui, faute à un code de la route intransigeant, la carafe d’eau a remplacé la bouteille de
La fin des repas business ?
Vin. C’est ce que nous a confirmé Marcel Bénézet, le président de la Fédération des cafés, bars et brasseries de l'organisation patronale Synhorcat. Néanmoins, les poissons et les salades font toujours recette.
Un changement de marchés auxquels les restaurateurs ont du faire face. Certains avec habileté se sont lancés dans les plateaux repas. « Le rituel du repas d’affaires a du plomb dans l’aile. Le temps est devenu une denrée si précieuse qu’il ne faut plus en perdre une miette. Dans les entreprises, on planifie, on optimise, quitte à sacrifier la pause-déjeuner », décrypte alexandre Boulègue, directeur D’études chez xerfi. Autrefois, on consacrait jusqu’à 90 minutes au repas en 1975, aujourd’hui, on compte 31 minutes en moyenne. La faute a une notion de rentabilité omniprésente dans toutes les entreprises. De quoi vous couper l’appétit.
Or, il semblerait qu’un secteur soit en effervescence : celui du marché du plateau repas. Son chiffre d‘affaires est passé de 40 millions d’euros en 2005 à 75 millions en 2010. Il devait même atteindre 105 millions d’euros en 2015 selon xerfi, soit une croissance de 7% par an.
Mais alors pourquoi un tel succès ?
« Le plateau repas associe rapidité et plaisir de la pause-déjeuner », explique alexandre Boulègue. Une esthétique soignée, des parfums présents, et voilà comment les coffrets haut de gamme connaissent le succès. Fauchon ou encore Lenôtre ne s’y sont pas trompés d’autres comme L’affiche a fait appel à des noms devenus référence de la cuisine comme Marc Veyrat.
Évidemment, la concurrence est redoutable. Car si les traiteurs haut de gamme, les livreurs de sushis remportent un franc succès, de petits nouveaux issus du monde du web tentent des coups de poker. Alloresto.fr assure la vente à distance et la livraison de Centaines de restaurants partenaires.
Des prix qui restent élevés aujourd’hui, « Un plateau repas coûte 24 euros en moyenne, c’est encore trop pour espérer convertir tout le marché », estime alexandre Boulègue. De plus, les restaurateurs tentent désormais de réagir en s’adaptant à la demande. « Même si nous n’avons pas toujours bonne presse. Le service est parfois lent », reconnaît Marcel Bénézet. « Le marché reste ouvert. Les restaurateurs doivent être davantage sensibilisés à la qualité de l’accueil. Cela nous oblige à mieux faire notre métier », concède Jean-Pierre chedal, président des restaurateurs au Synocrat.
Désormais, le repas de midi rivalise avec les petits déjeuners autour d’un verre. A l’anglaise ou véritables brunchs, le phénomène inspire. A l’hôtel Plaza athénée, on confirme que la tendance est notable. Principal avantage du petit-déjeuner : il permet de ne pas couper la journée en deux et donc gagner en efficacité.