J’arrivais de Nouvelle-Calédonie avec un CDD de trois mois en poche. Je m’attendais à du sable et des palmiers. La Réunion m’a offert un volcan, des forêts et une famille.

Un CDD, une île et aucun plan
Partir à La Réunion ne figurait pas dans mes plans. On me l’a proposée entre deux contrats. J’ai dit oui presque sans réfléchir.
Je sortais de trois mois en Nouvelle-Calédonie. Je vous l’avoue, le lagon commençait à me lasser. Dit comme ça, c’est un peu snob. C’est pourtant la vérité.
Dès l’aéroport de Saint-Denis, j’ai compris que l’île jouait une autre partition. Des chutes d’eau vertigineuses. Des routes de montagne au bord du vide. Des maisons créoles dans les rues de la ville. Ici, la mer n’est qu’un décor parmi d’autres.
Si vous cherchez surtout du sable blanc, gardez plutôt en tête nos îles pour des escapades inoubliables. La Réunion, elle, se vit en chaussures de marche.
Le Piton de la Fournaise, la peur au ventre
Il fait plus chaud qu’à Nouméa. Très vite, je comprends la différence. Mes jours de congé filent vers la montagne. Mes week-ends aussi.
Le Piton de la Fournaise devient mon obsession. On n’y monte jamais sans vérifier son état. Le volcan compte parmi les plus actifs de la planète. Le paysage est roussi, minéral, presque martien.
On se dit qu’il pourrait se réveiller à tout moment. On essaie de ne pas y penser. Mais au fond, on y pense quand même.
Avant de monter, consultez l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise. L’accès à l’enclos ferme dès que l’activité reprend.
Patrick, ma famille d’adoption
À mon arrivée, un hasard m’a sauvée. J’ai retrouvé Patrick, un monteur vidéo croisé à RFO Cayenne. Il était originaire de l’île.
Je n’avais vu aucun des miens depuis treize mois. Les coups de blues arrivaient sans prévenir. Patrick et sa famille m’ont ouvert leur porte. Chez eux, le cafard ne durait jamais longtemps.
Chaque week-end, on partait en vadrouille avec leurs amis. Ils sont vite devenus les miens. Certains le sont encore aujourd’hui. Mes années guyanaises, je vous les raconte d’ailleurs dans mon récit d’un lancement de fusée à Kourou.
Bélouve, Mare Longue et la Diagonale des Fous
Tout le monde connaît la forêt du Grand Brûlé, sur la route du volcan. Moi, j’ai un faible pour la forêt de Bélouve. Et pour celle de Mare Longue, luxuriante et humide.
Un soir, avec des collègues de RFO, on a lancé un pari fou. Parcourir le tracé de la Diagonale des Fous. Rassurez-vous, personne n’avait pris de chronomètre.
Je ne vous dirai pas combien de jours il nous a fallu. C’était une idée de psychopathes. On l’a bouclée à notre rythme, les pieds en compote.
Le cirque de Mafate, la plaine des Cafres, la plaine des Palmistes, les cascades de Langevin. L’île se mérite à pied. Elle se découvre aussi en parapente, en tyrolienne ou en plongée. Les amoureux d’outdoor n’ont pas le temps de s’ennuyer.
Ce que les cartes postales ne disent pas
Les bestioles, d’abord. Vous croiserez de grosses araignées tissant leur toile en bord de sentier. Les Réunionnais les appellent les bibes. Elles impressionnent plus qu’elles ne menacent.
Il y a aussi la voisine, Madagascar. J’y suis allée plusieurs fois en reportage. C’était en pleine crise politique. Je n’avais jamais croisé autant de milices armées.
Les paysages étaient superbes. La tension, elle, ne retombait jamais. Je n’en garde pas un souvenir apaisé.
Une vie de nomade avant Internet
À l’époque, Internet balbutiait. Pas de portable, encore moins de forfait international. Il aurait coûté trois mois de salaire.
Je passais des semaines sans donner de nouvelles. Mes parents s’y étaient habitués. Ils n’avaient pas vraiment le choix. Ma précarité de pigiste inquiétait beaucoup ma mère. Elle m’a pourtant laissée choisir.
Quand on voyage ainsi, on se crée un cocon partout. On croise des amis à Nouméa. On les retrouve plus tard, par hasard, lors d’un séjour en Martinique. Les adieux sont toujours déchirants. On se donne rendez-vous ailleurs, sans date.
Le départ, le cœur en miettes
Au bout de trois mois, on m’a proposé la Guadeloupe. Deux mois de remplacement. J’ai accepté, bien sûr.
Quitter Patrick et sa famille m’a brisé le cœur. J’ai pleuré dans l’avion vers Paris. Puis j’ai enchaîné avec le contrat suivant. Pas le temps de m’apitoyer.
C’est peut-être là que j’ai vraiment lâché prise. Quand on voyage beaucoup, les priorités changent. Trouver un toit. Arriver à bon port. Dénicher un boui-boui pour dîner. Le stress parisien disparaît derrière cette nouvelle routine.
Côté lagon et rhum arrangé
La Réunion a aussi ses plages. Le lagon de la côte ouest se prête au farniente sous les filaos. Le sud, lui, reste plus sauvage. C’est celui que je vous conseille.
Aux Antilles, on socialise autour du ti-punch. Ici, c’est le rhum arrangé qui délie les langues. Vanille, letchi, gingembre, chaque famille a sa recette. Pour aller plus loin, lisez notre guide des rhums et liqueurs.
Pour une nuit les pieds dans le sable ailleurs dans le monde, parcourez nos plus beaux beach hotels.
Pour aller à La Réunion
Des vols directs relient Paris à Saint-Denis. Air France, Air Austral, Corsair et French bee desservent l’île. Certaines compagnies partent aussi de province.
Réservez environ trois mois à l’avance pour limiter la facture. Nos astuces sont dans quand réserver un vol pour payer moins cher. Pensez aussi à votre assurance voyage, surtout si vous randonnez.
Sur place, louez une voiture. C’est le seul moyen d’explorer l’île librement. Pour dormir, j’ai une adresse chère à mon cœur, l’hôtel Le Palm.
Un combiné avec l’île Maurice vous tente ? À mon époque, aucune liaison directe n’existait. Des vols courts relient aujourd’hui les deux îles. Pour un autre archipel de l’océan Indien, voyez notre guide des Seychelles.
Quand partir à La Réunion
La meilleure période reste l’hiver austral, de mai à novembre. Il pleut moins et la chaleur se fait douce. De juin à septembre, les conditions de randonnée sont idéales.
Méfiez-vous du relief. En juillet et en août, les nuits sont fraîches dans les cirques. Prévoyez une polaire, même sous les tropiques. Évitez de janvier à mars, en pleine saison cyclonique.
Pour boucler votre sac, inspirez-vous de ma valise soleil en 12 pièces. Et pour encaisser les onze heures de vol, relisez nos conseils contre le jet-lag.
Mon tour du monde a continué dans le froid glacial. La suite est à lire dans mon arrivée à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Le mot de la pro du voyage
La Réunion reste une île que l’on sous-estime. Beaucoup la réservent comme un séjour plage. Ils repartent frustrés, sans avoir vu Mafate ni Bélouve.
Ce que l’on rate le plus souvent, c’est le rythme. Le relief allonge chaque trajet. La météo change en une heure. Il faut prévoir large et partir tôt.
Au Club Jet-Lag, nous partageons ces arbitrages avant le départ. Itinéraires testés, bonnes saisons, adresses fiables. Vous voyagez mieux, sans perdre vos jours de congé.
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